{"id":27537,"date":"2026-04-21T04:00:00","date_gmt":"2026-04-21T02:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/?p=27537"},"modified":"2026-04-19T14:02:38","modified_gmt":"2026-04-19T12:02:38","slug":"quand-les-modeles-echouent-la-mort-econom","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/fr\/quand-les-modeles-echouent-la-mort-econom\/","title":{"rendered":"Quand les mod\u00e8les \u00e9chouent : La mort silencieuse de l&rsquo;\u00e9conomie"},"content":{"rendered":"<div class=\"ccfic\"><span class=\"ccfic-text\">Quand les mod\u00e8les \u00e9chouent parce qu'un syst\u00e8me ne correspond plus \u00e0 la th\u00e9orie.<\/span><\/div>\n\n<p><strong>Et si ce n&rsquo;\u00e9tait pas seulement l&rsquo;argent et l&rsquo;\u00e9nergie qui perdaient leur stabilit\u00e9, mais aussi les th\u00e9ories que nous utilisons pour expliquer l&rsquo;\u00e9conomie ? L&rsquo;article explique pourquoi les mod\u00e8les \u00e9conomiques classiques atteignent leurs limites dans un monde de dettes, de monnaie fiduciaire, de p\u00e9nuries d&rsquo;\u00e9nergie et d&rsquo;interventions permanentes, et pourquoi l&rsquo;\u00e9conomie elle-m\u00eame perd de plus en plus son emprise.   <br\/><\/strong><br\/>La semaine derni\u00e8re, j&rsquo;ai affirm\u00e9 que la monnaie \u00e9tait en train de perdre quelque chose d&rsquo;essentiel, non pas sa fonction de moyen d&rsquo;\u00e9change, ni sa liquidit\u00e9, mais sa fiabilit\u00e9 en tant que r\u00e9serve de valeur stable. Avant cela, nous avons examin\u00e9 comment l&rsquo;\u00e9nergie, fondement physique de toute activit\u00e9 \u00e9conomique, est devenue moins stable, moins pr\u00e9visible et plus ch\u00e8re. <\/p>\n\n<p>Pris ensemble, ces changements m\u00e8nent \u00e0 une conclusion plus profonde et plus inconfortable : ce n&rsquo;est pas seulement l&rsquo;\u00e9conomie qui fait l&rsquo;objet d&rsquo;une r\u00e9\u00e9valuation. C&rsquo;est le cadre m\u00eame que nous utilisons pour la comprendre. <\/p>\n\n<p>Depuis plus de deux si\u00e8cles, l&rsquo;\u00e9conomie se pr\u00e9sente comme la science de l&rsquo;\u00e9quilibre. Les appellations ont chang\u00e9, classique, keyn\u00e9sienne, mon\u00e9tariste, n\u00e9oclassique, mais l&rsquo;architecture sous-jacente reste famili\u00e8re et rassurante : l&rsquo;offre rencontre la demande, les prix s&rsquo;ajustent, les march\u00e9s s&rsquo;\u00e9quilibrent. Des chocs surviennent, mais le syst\u00e8me, avec le temps et les bonnes politiques, revient \u00e0 l&rsquo;\u00e9quilibre.  <\/p>\n\n<p>Les noms canoniques font toujours autorit\u00e9 : La main invisible d&rsquo;Adam Smith, la gestion de la demande de John Maynard Keynes, les r\u00e8gles mon\u00e9taires de Milton Friedman. Diff\u00e9rentes \u00e9poques, diff\u00e9rentes prescriptions. La m\u00eame conviction fondamentale : le syst\u00e8me est intelligible, g\u00e9rable et, en fin de compte, autocorrectif.  <\/p>\n\n<p>Cette conviction est aujourd&rsquo;hui mise \u00e0 rude \u00e9preuve.<\/p>\n\n<p>Non pas parce que ces penseurs \u00e9taient fondamentalement erron\u00e9s \u00e0 leur \u00e9poque, mais parce que le monde qu&rsquo;ils d\u00e9crivaient n&rsquo;existe plus.<\/p>\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\"><strong>Un syst\u00e8me qui ne ressemble plus \u00e0 la th\u00e9orie<\/strong><\/h6>\n\n<p>L&rsquo;\u00e9conomie classique supposait une raret\u00e9 r\u00e9elle, une discipline fiscale et des contraintes externes strictes. La monnaie ne pouvait pas se d\u00e9velopper ind\u00e9finiment sans cons\u00e9quences. Les \u00c9tats ne pouvaient pas emprunter \u00e0 l&rsquo;infini sans risque. L&rsquo;\u00e9nergie restait suffisamment abondante pour \u00eatre rel\u00e9gu\u00e9e \u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re-plan en tant que simple intrant.   <\/p>\n\n<p>Ces conditions ont disparu. L&rsquo;argent est d\u00e9sormais cr\u00e9\u00e9 \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du syst\u00e8me, par le syst\u00e8me, principalement pour stabiliser le syst\u00e8me. Les bilans des banques centrales, qui avoisinaient les 6 % du PIB avant 2008 pour les grandes \u00e9conomies comme les \u00c9tats-Unis, ont connu une expansion spectaculaire et resteront \u00e9lev\u00e9s, autour de 21-22 % du PIB am\u00e9ricain d\u00e9but 2026, m\u00eame apr\u00e8s une normalisation partielle. La dette est pass\u00e9e du statut de pont temporaire \u00e0 celui de condition d&rsquo;exploitation permanente. Et l&rsquo;\u00e9nergie est redevenue une contrainte contraignante, souvent volatile, plut\u00f4t qu&rsquo;une constante fiable.    <\/p>\n\n<p>Les mod\u00e8les n&rsquo;ont pas \u00e9chou\u00e9 \u00e0 cause d&rsquo;une erreur interne. Le monde a \u00e9volu\u00e9 au-del\u00e0 de leurs hypoth\u00e8ses. Adam Smith n&rsquo;a jamais mod\u00e9lis\u00e9 des banques centrales d\u00e9tenant des actifs \u00e9quivalant \u00e0 plus de 20 % du PIB. Keynes n&rsquo;a pas envisag\u00e9 de d\u00e9ficits structurels permanents syst\u00e9matiquement financ\u00e9s par l&rsquo;expansion mon\u00e9taire. Friedman n&rsquo;a pas anticip\u00e9 une architecture financi\u00e8re dans laquelle une contraction significative de la masse mon\u00e9taire risque de provoquer une fracture syst\u00e9mique.    <\/p>\n\n<p>Pourtant, nous persistons \u00e0 interpr\u00e9ter les r\u00e9alit\u00e9s d&rsquo;aujourd&rsquo;hui \u00e0 travers les lentilles d&rsquo;hier.<\/p>\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\"><strong>Une petite \u00eele, quelques pommes et trois \u00e9conomistes<\/strong><\/h6>\n\n<p>Il existe un moyen plus simple de v\u00e9rifier si nos th\u00e9ories correspondent toujours \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n\n<p>Imaginez une \u00eele grecque tranquille : un boucher, un agriculteur, un boulanger, un propri\u00e9taire de caf\u00e9. Tout le monde doit un peu \u00e0 tout le monde, c&rsquo;est l&rsquo;habituel r\u00e9seau de petites obligations qui fait tourner le commerce. <\/p>\n\n<p>Un jour, un touriste d\u00e9pose un billet de 100 euros sur le comptoir de l&rsquo;h\u00f4tel. L&rsquo;h\u00f4telier paie le boucher, qui paie l&rsquo;agriculteur, qui paie son fournisseur, qui paie le cafetier, qui r\u00e8gle sa note \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel. Les 100 euros terminent leur circuit et reviennent au point de d\u00e9part.  <\/p>\n\n<p>Aucun nouveau bien n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 produit. Il n&rsquo;y a pas eu de cochons, de pommes ou de pain suppl\u00e9mentaires. Pourtant, toutes les dettes se sentent plus l\u00e9g\u00e8res. Le syst\u00e8me respire mieux.   <\/p>\n\n<p>Adam Smith pourrait faire l&rsquo;\u00e9loge de la circulation \u00e9l\u00e9gante qui a r\u00e9tabli l&rsquo;\u00e9quilibre. Keynes mettrait l&rsquo;accent sur l&rsquo;injection initiale qui a d\u00e9bloqu\u00e9 l&rsquo;activit\u00e9 dormante. Friedman noterait que rien de r\u00e9el n&rsquo;a chang\u00e9, seulement la vitesse de circulation de l&rsquo;argent.  <\/p>\n\n<p>Dans ce cas simple, les trois ont raison. Modifiez maintenant l&rsquo;exp\u00e9rience. <\/p>\n\n<p>Au lieu des 100 euros d&rsquo;un touriste, la banque centrale distribue 1 000 euros \u00e0 chaque habitant. Le nombre de cochons, de pommes et de chambres reste le m\u00eame. Seule la quantit\u00e9 de monnaie augmente. Les prix s&rsquo;ajustent \u00e0 la hausse, une plus grande quantit\u00e9 de monnaie achetant les m\u00eames biens.   <\/p>\n\n<p>Puis une temp\u00eate survient. Moins de porcs. Moins de pommes. Moins de pain. Plus d&rsquo;argent. Moins de marchandises.     <\/p>\n\n<p>On nous assure encore que les prix finiront par \u00ab\u00a0revenir \u00e0 leur niveau cible\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n<p>\u00c0 ce stade, les mod\u00e8les sophistiqu\u00e9s c\u00e8dent la place \u00e0 l&rsquo;arithm\u00e9tique de base. Un enfant peut poser une question \u00e9vidente : s&rsquo;il y a plus de pi\u00e8ces et moins de pommes, pourquoi les pommes deviennent-elles moins ch\u00e8res ? <\/p>\n\n<p>Les explications se multiplient alors : attentes, effets transitoires, orientation vers l&rsquo;avenir, cr\u00e9dibilit\u00e9. Le langage devient de plus en plus orn\u00e9. Mais les pommes ne se sont pas multipli\u00e9es. La complexit\u00e9 cesse d&rsquo;\u00eatre de la perspicacit\u00e9 pour devenir de l&rsquo;\u00e9vasion.   <\/p>\n\n<p>Il ne s&rsquo;agit plus d&rsquo;une exp\u00e9rience de pens\u00e9e confin\u00e9e \u00e0 une \u00eele grecque tranquille. C&rsquo;est la r\u00e9alit\u00e9 exacte \u00e0 laquelle sont confront\u00e9es les banques centrales \u00e0 l&rsquo;\u00e8re de la monnaie fiduciaire. Elles ont inond\u00e9 le syst\u00e8me de milliers de milliards d&rsquo;euros d&rsquo;argent frais alors que les contraintes physiques et structurelles de l&rsquo;\u00e9conomie r\u00e9elle se sont renforc\u00e9es : co\u00fbts de l&rsquo;\u00e9nergie, fardeau de la dette, limites de l&rsquo;offre, d\u00e9mographie. Davantage de monnaie sert \u00e0 acheter des biens dont la production est devenue plus difficile et plus co\u00fbteuse. Pourtant, la r\u00e9ponse est la m\u00eame que sur l&rsquo;\u00eele : des explications de plus en plus sophistiqu\u00e9es, des pr\u00e9visions r\u00e9vis\u00e9es, des appels \u00e0 la confiance et un langage de plus en plus orn\u00e9. La simple arithm\u00e9tique refusant de coop\u00e9rer, les mod\u00e8les sont \u00e9tir\u00e9s, tordus et finalement abandonn\u00e9s dans la pratique.     <\/p>\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\"><strong>De la politique \u00e0 l&rsquo;improvisation<\/strong><\/h6>\n\n<p>L&rsquo;\u00e9conomie moderne parle toujours le langage assur\u00e9 du contr\u00f4le : augmenter les taux pour ma\u00eetriser l&rsquo;inflation, les abaisser pour stimuler la croissance, \u00e9largir la base mon\u00e9taire pour stimuler la demande.<\/p>\n\n<p>Autrefois, ces relations \u00e9taient raisonnablement pr\u00e9visibles. Aujourd&rsquo;hui, elles se comportent diff\u00e9remment. Les banques centrales ont relev\u00e9 leurs taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat, mais l&rsquo;inflation est rest\u00e9e bloqu\u00e9e dans de nombreuses \u00e9conomies. Les bilans se contractent dans la rh\u00e9torique, pour se stabiliser ou se d\u00e9velopper \u00e0 nouveau lorsque des pressions sur les liquidit\u00e9s se font sentir. Les responsables invoquent la discipline tout en veillant \u00e0 ce que le flux de cr\u00e9dit ne faiblisse jamais vraiment.    <\/p>\n\n<p>Il ne s&rsquo;agit plus d&rsquo;ing\u00e9nierie de pr\u00e9cision. Il s&rsquo;agit d&rsquo;improvisation sous contrainte. Le syst\u00e8me est devenu trop endett\u00e9 pour un v\u00e9ritable resserrement et trop fragile pour une v\u00e9ritable p\u00e9nurie. La politique oscille donc entre le resserrement dans le langage et l&rsquo;accommodement dans la pratique. L&rsquo;\u00e9conomie cesse d&rsquo;\u00eatre une science de l&rsquo;\u00e9quilibre et devient l&rsquo;art de g\u00e9rer les contradictions.    <\/p>\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\"><strong>L&rsquo;arithm\u00e9tique que nous pr\u00e9f\u00e9rons ne pas voir<\/strong><\/h6>\n\n<p>Prenons une comparaison qui est rarement faite sans nuance. Dans le monde de l&rsquo;entreprise, l&rsquo;endettement excessif entra\u00eene une restructuration rapide, les cr\u00e9anciers exigent de la discipline, aucune id\u00e9ologie n&rsquo;est n\u00e9cessaire. <\/p>\n\n<p>Les nations fonctionnent diff\u00e9remment, nous dit-on. Un pays n&rsquo;est pas une entreprise. C&rsquo;est vrai. Pourtant, cette distinction masque souvent une r\u00e9alit\u00e9 plus dure. Le PIB mesure l&rsquo;activit\u00e9, pas le flux de tr\u00e9sorerie disponible. Les pays ne g\u00e9n\u00e8rent g\u00e9n\u00e9ralement pas d&rsquo;exc\u00e9dents pour rembourser leur dette ; ils enregistrent des d\u00e9ficits persistants et se refinancent.     <\/p>\n\n<p>Des donn\u00e9es r\u00e9centes illustrent l&rsquo;ampleur du ph\u00e9nom\u00e8ne (estimations fin 2025\/d\u00e9but 2026) :<\/p>\n\n<p>&#8211; \u00c9tats-Unis : 121-125 % de dette par rapport au PIB, avec des d\u00e9ficits structurels qui devraient rester \u00e9lev\u00e9s.<\/p>\n\n<p>&#8211; France : 114-118% de dette par rapport au PIB, avec des d\u00e9s\u00e9quilibres structurels persistants.<\/p>\n\n<p>&#8211; Italie : 135-138% de dette par rapport au PIB, avec une fragilit\u00e9 persistante.<\/p>\n\n<p>&#8211; Japon : 235-250%+ de dette par rapport au PIB, soutenu par une profonde d\u00e9pendance mon\u00e9taire.<\/p>\n\n<p>&#8211; Allemagne : 63-65%, jouant le r\u00f4le de point d&rsquo;ancrage relatif mais limit\u00e9 dans le cadre de l&rsquo;euro.<\/p>\n\n<p>Lorsque la dette ne peut \u00eatre rembours\u00e9e et que l&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 s&rsquo;av\u00e8re politiquement ou \u00e9conomiquement intol\u00e9rable, elle est r\u00e9duite au fil du temps par l&rsquo;inflation qui \u00e9rode tranquillement la valeur r\u00e9elle. Il ne s&rsquo;agit pas de l&rsquo;hyperinflation violente des manuels scolaires, mais d&rsquo;une \u00e9rosion progressive et persistante : une taxe de facto sur la d\u00e9tention d&rsquo;argent. <\/p>\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\"><strong>L&rsquo;\u00e9nergie : L&rsquo;\u00e9conomie des contraintes ignor\u00e9e<\/strong><\/h6>\n\n<p>Simultan\u00e9ment, le monde physique s&rsquo;est r\u00e9affirm\u00e9.<\/p>\n\n<p>La consommation mondiale d&rsquo;\u00e9nergie primaire reste domin\u00e9e par les combustibles fossiles, qui repr\u00e9sentent encore plus de 80 % du m\u00e9lange dans les donn\u00e9es r\u00e9centes. Parts approximatives (chiffres de 2024\/2025) : <\/p>\n\n<p>&#8211; P\u00e9trole : 30-32% &#8211; l&rsquo;\u00e9pine dorsale des transports et des produits chimiques.<\/p>\n\n<p>&#8211; Charbon : 26-27% &#8211; toujours dominant dans l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 et l&rsquo;industrie, surtout en Asie.<\/p>\n\n<p>&#8211; Gaz naturel : 24% &#8211; essentiel pour l&rsquo;industrie, le chauffage et l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9.<\/p>\n\n<p>&#8211; \u00c9nergies renouvelables (y compris l&rsquo;hydro\u00e9lectricit\u00e9 et les bio\u00e9nergies modernes) : en hausse mais repr\u00e9sentant 12 \u00e0 15 % de l&rsquo;\u00e9nergie primaire (avec des gains plus importants dans la production d&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9).<\/p>\n\n<p>&#8211; Nucl\u00e9aire : 4-5% &#8211; charge de base stable l\u00e0 o\u00f9 elle est d\u00e9ploy\u00e9e.<\/p>\n\n<p>L&rsquo;\u00e9nergie n&rsquo;est pas simplement une autre variable dans une fonction de production. Elle est la condition thermodynamique pr\u00e9alable \u00e0 toute activit\u00e9. Lorsque son co\u00fbt ou sa disponibilit\u00e9 se resserre, que ce soit en raison de la g\u00e9opolitique, de la dynamique d&rsquo;\u00e9puisement ou des frictions de transition, aucun stimulus mon\u00e9taire ou fiscal ne peut conjurer la production physique.  <\/p>\n\n<p>L&rsquo;argent ne peut pas imprimer la physique.<\/p>\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\"><strong>La zone euro : La th\u00e9orie mon\u00e9taire compl\u00e8tement d\u00e9tach\u00e9e de la r\u00e9alit\u00e9<\/strong><\/h6>\n\n<p>La zone euro offre l&rsquo;exemple le plus frappant d&rsquo;une politique mon\u00e9taire moderne fonctionnant en totale d\u00e9connexion avec la r\u00e9alit\u00e9 \u00e9conomique sous-jacente : une monnaie unique impos\u00e9e \u00e0 des \u00e9conomies et des comportements fiscaux tr\u00e8s divergents.<\/p>\n\n<p>&#8211; Allemagne : 63 \u00e0 65% de dette par rapport au PIB &#8211; l&rsquo;ancre r\u00e9ticente, orient\u00e9e vers l&rsquo;exportation et fiscalement conservatrice.<\/p>\n\n<p>&#8211; France : 114 \u00e0 118% &#8211; un lien qui s&rsquo;affaiblit avec les d\u00e9ficits structurels.<\/p>\n\n<p>&#8211; Italie : 135 \u00e0 138% &#8211; risque syst\u00e9mique.<\/p>\n\n<p>&#8211; Gr\u00e8ce : 150%+ &#8211; contenue mais symptomatique.<\/p>\n\n<p>Il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;un syst\u00e8me qui s&rsquo;\u00e9quilibre de lui-m\u00eame. C&rsquo;est un syst\u00e8me qui n\u00e9cessite un maintien perp\u00e9tuel par le biais d&rsquo;accommodements, de transferts fiscaux, de soutien mon\u00e9taire ou d&rsquo;abstention politique. <\/p>\n\n<p>Lorsque la th\u00e9orie se heurte \u00e0 des principes fondamentaux mal adapt\u00e9s, l&rsquo;improvisation comble \u00e0 nouveau le vide.<\/p>\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\"><strong>Pr\u00e9c\u00e9dents historiques : Les unions mon\u00e9taires qui ont \u00e9chou\u00e9<\/strong><\/h6>\n\n<p>L&rsquo;histoire offre des pr\u00e9c\u00e9dents qui devraient nous faire r\u00e9fl\u00e9chir. Nous avons d\u00e9j\u00e0 vu ce sc\u00e9nario, au c\u0153ur m\u00eame de l&rsquo;Europe, et pas seulement une fois. <\/p>\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\"><strong>L&#8217;empire austro-hongrois : L&rsquo;effondrement par rupture de coh\u00e9sion<\/strong><\/h6>\n\n<p>L&rsquo;Empire austro-hongrois a mis en place l&rsquo;une des unions mon\u00e9taires les plus int\u00e9gr\u00e9es de l&rsquo;\u00e8re moderne : une monnaie unique, la couronne, g\u00e9r\u00e9e par la Banque austro-hongroise, couvrant un vaste territoire multiethnique avec une politique mon\u00e9taire partag\u00e9e, des flux de capitaux libres et un syst\u00e8me de paiement commun. Pendant pr\u00e8s de cinquante ans apr\u00e8s le compromis de 1867, cette union mon\u00e9taire a apport\u00e9 stabilit\u00e9 et croissance ; les revenus r\u00e9els ont pratiquement doubl\u00e9 dans de nombreuses r\u00e9gions, tandis que le commerce et l&rsquo;industrialisation s&rsquo;\u00e9panouissaient sous le toit de la monnaie commune. <\/p>\n\n<p>Mais l&rsquo;union \u00e9tait fond\u00e9e sur la coh\u00e9sion politique, et pas seulement sur la th\u00e9orie \u00e9conomique. Lorsque cette coh\u00e9sion a vol\u00e9 en \u00e9clats dans les incendies de la Premi\u00e8re Guerre mondiale et l&rsquo;effondrement de l&#8217;empire en 1918, l&rsquo;union mon\u00e9taire ne s&rsquo;est pas d\u00e9nou\u00e9e en douceur, elle a explos\u00e9. Les \u00c9tats successeurs (Autriche, Hongrie, Tch\u00e9coslovaquie, Yougoslavie, Pologne, Roumanie) ont h\u00e9rit\u00e9 d&rsquo;une couronne hyperd\u00e9valu\u00e9e et gonfl\u00e9e par la guerre. D\u00e9sireux d&rsquo;affirmer leur souverainet\u00e9 et de contr\u00f4ler leur propre seigneuriage, ils se sont empress\u00e9s de \u00ab\u00a0nationaliser\u00a0\u00bb la monnaie : les fronti\u00e8res ont \u00e9t\u00e9 scell\u00e9es, les anciens billets de banque ont \u00e9t\u00e9 estampill\u00e9s avec des marques nationales et de nouvelles monnaies ont \u00e9t\u00e9 \u00e9mises par des banques centrales distinctes.   <\/p>\n\n<p>Il s&rsquo;en est suivi un v\u00e9ritable chaos mon\u00e9taire. Sans aucune autorit\u00e9 fiscale ou politique pour faire respecter la discipline, les gouvernements ont imprim\u00e9 de l&rsquo;argent pour couvrir les dettes de guerre, les co\u00fbts de reconstruction et les d\u00e9ficits. La masse mon\u00e9taire en Autriche a augment\u00e9 de fa\u00e7on spectaculaire dans les ann\u00e9es d&rsquo;apr\u00e8s-guerre (plus de 14 000 % \u00e0 certaines p\u00e9riodes cl\u00e9s), multipliant les prix par plus de 11 800 au d\u00e9but des ann\u00e9es 1920 en Autriche, avec des hyperinflations similaires dans d&rsquo;autres pays. L&rsquo;\u00e9mission concurrentielle de l&rsquo;ancienne couronne par des autorit\u00e9s fragment\u00e9es a transform\u00e9 la monnaie commune en un v\u00e9hicule d&rsquo;exportation de l&rsquo;inflation. Les banques qui avaient op\u00e9r\u00e9 dans l&rsquo;ancien empire, dont la plus c\u00e9l\u00e8bre est la Creditanstalt de Vienne, ont \u00e9t\u00e9 confront\u00e9es \u00e0 des retraits d&rsquo;argent, \u00e0 un manque de liquidit\u00e9s et, finalement, \u00e0 un effondrement. La crise du Creditanstalt en 1931, d\u00e9clench\u00e9e en partie par ces d\u00e9s\u00e9quilibres persistants, s&rsquo;est propag\u00e9e \u00e0 toute l&rsquo;Europe et a contribu\u00e9 \u00e0 aggraver la Grande D\u00e9pression.     <\/p>\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\"><strong>L&rsquo;Union mon\u00e9taire latine : Le parasitisme et la fragilit\u00e9<\/strong><\/h6>\n\n<p>Un drame parall\u00e8le s&rsquo;est d\u00e9roul\u00e9 plus t\u00f4t, dans l&rsquo;Union mon\u00e9taire latine (UML) de 1865-1927, l&rsquo;un des pr\u00e9curseurs les plus \u00e9vidents de la zone euro d&rsquo;aujourd&rsquo;hui au XIXe si\u00e8cle et une exp\u00e9rience bas\u00e9e sur la monnaie dans un espace mon\u00e9taire partag\u00e9 sans int\u00e9gration politique ou fiscale compl\u00e8te. La France, la Belgique, l&rsquo;Italie et la Suisse (rejointes plus tard par la Gr\u00e8ce) ont convenu d&rsquo;une union centr\u00e9e sur le franc fran\u00e7ais, avec une acceptation mutuelle des pi\u00e8ces d&rsquo;or et d&rsquo;argent selon un rapport bim\u00e9tallique fixe de 15,5:1. Les pi\u00e8ces devaient circuler librement \u00e0 travers les fronti\u00e8res, ce qui promettait de r\u00e9duire les co\u00fbts de transaction et de faciliter les \u00e9changes, \u00e0 l&rsquo;instar de ce que les architectes de l&rsquo;euro ont envisag\u00e9 des d\u00e9cennies plus tard.  <\/p>\n\n<p>Pourtant, des fissures sont apparues presque imm\u00e9diatement, r\u00e9v\u00e9lant les dangers des incitations divergentes dans une union mon\u00e9taire. Les membres les plus faibles ou soumis \u00e0 des contraintes budg\u00e9taires se sont livr\u00e9s au parasitisme et \u00e0 l&rsquo;avilissement. D\u00e8s 1866, les \u00c9tats pontificaux ont proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 une sur\u00e9mission spectaculaire de petites pi\u00e8ces d&rsquo;argent \u00e0 teneur r\u00e9duite en m\u00e9taux pr\u00e9cieux, \u00e9quivalant en volume \u00e0 la production totale de la Belgique cette ann\u00e9e-l\u00e0, puis ont \u00e9chang\u00e9 les pi\u00e8ces d\u00e9pr\u00e9ci\u00e9es contre de l&rsquo;or et de l&rsquo;argent de poids normal provenant de partenaires plus solides, en empochant le b\u00e9n\u00e9fice du seigneuriage. L&rsquo;Italie a suspendu tr\u00e8s t\u00f4t la convertibilit\u00e9 des billets de banque et a \u00e9mis de grandes quantit\u00e9s de papier inconvertible tout en limitant la frappe de pi\u00e8ces d&rsquo;argent. La Gr\u00e8ce a r\u00e9duit \u00e0 plusieurs reprises la teneur en m\u00e9tal de ses pi\u00e8ces, ce qui a entra\u00een\u00e9 des suspensions et des gels.    <\/p>\n\n<p><a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Gresham%27s_law\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">La loi de Gresham<\/a> a fonctionn\u00e9 sans rel\u00e2che : la \u00ab\u00a0mauvaise\u00a0\u00bb monnaie (d\u00e9pr\u00e9ci\u00e9e) a chass\u00e9 la \u00ab\u00a0bonne\u00a0\u00bb monnaie (pleine). L&rsquo;effondrement mondial des prix de l&rsquo;argent \u00e0 partir des ann\u00e9es 1870 a d\u00e9clench\u00e9 un arbitrage massif, les membres ont frapp\u00e9 de l&rsquo;argent bon march\u00e9 sous forme de pi\u00e8ces au ratio fixe et ont drain\u00e9 l&rsquo;or du syst\u00e8me. La France, en tant qu&rsquo;ancrage dominant, est intervenue \u00e0 plusieurs reprises pour faire respecter la discipline : elle a impos\u00e9 des limites \u00e0 la frappe de petites coupures et \u00e0 la monnaie fiduciaire, exig\u00e9 le remboursement des pi\u00e8ces exc\u00e9dentaires en or, menac\u00e9 de sanctions ou d&rsquo;expulsion et r\u00e9\u00e9crit les r\u00e8gles au cours de conf\u00e9rences successives. La frappe de l&rsquo;argent a \u00e9t\u00e9 limit\u00e9e, puis suspendue, ce qui a entra\u00een\u00e9 un passage de facto \u00e0 l&rsquo;or, mais les tensions et les improvisations ont persist\u00e9. Le syndicat survit gr\u00e2ce aux n\u00e9gociations en cours et aux pressions exerc\u00e9es par la France, mais il n&rsquo;a pas la profondeur institutionnelle n\u00e9cessaire pour emp\u00eacher les int\u00e9r\u00eats nationaux de saper le collectif. La Premi\u00e8re Guerre mondiale a port\u00e9 le coup d\u00e9cisif : suspension de la convertibilit\u00e9 de l&rsquo;or, financement national de la guerre par l&rsquo;imprimerie et fragmentation. Bien qu&rsquo;elle n&rsquo;ait \u00e9t\u00e9 officiellement dissoute qu&rsquo;en 1926\/1927, la LMU avait d\u00e9j\u00e0 cess\u00e9 de fonctionner depuis des ann\u00e9es.      <\/p>\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\"><strong>La R\u00e9volution Fiat : Une \u00e9conomie de bulle flottante permanente<\/strong><\/h6>\n\n<p>Ces \u00e9pisodes historiques se sont produits dans le cadre de syst\u00e8mes m\u00e9talliques ou semi-m\u00e9talliques comportant au moins quelques contraintes externes. La r\u00e9alit\u00e9 d&rsquo;aujourd&rsquo;hui est plus radicale : le syst\u00e8me est enti\u00e8rement pass\u00e9 \u00e0 la monnaie fiduciaire cr\u00e9\u00e9e par d\u00e9cret, non ancr\u00e9e \u00e0 une quelconque marchandise, soutenue uniquement par la confiance dans les gouvernements et les banques centrales. <\/p>\n\n<p>Dans cet environnement, nous vivons dans une bulle flottante constante d&rsquo;expansion du cr\u00e9dit, des prix des actifs et de la dette. Les banques centrales peuvent cr\u00e9er (et cr\u00e9ent) des liquidit\u00e9s illimit\u00e9es pour masquer les d\u00e9s\u00e9quilibres, soutenir les d\u00e9ficits et emp\u00eacher que le resserrement ne devienne trop r\u00e9el. La bulle se gonfle tant que la confiance est maintenue et que les contraintes \u00e9nerg\u00e9tiques et physiques restent g\u00e9rables.  <\/p>\n\n<p>Mais sans ancrage solide, le syst\u00e8me d\u00e9rive &#8211; les prix, les \u00e9valuations et les attentes se d\u00e9tachent davantage de la production sous-jacente jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;un choc (pic \u00e9nerg\u00e9tique, perte de confiance dans les monnaies de r\u00e9serve ou rupture g\u00e9opolitique) vienne l&rsquo;\u00e9branler. La bulle ne se d\u00e9gonfle alors pas en douceur ; elle risque de s&rsquo;ajuster brusquement ou d&rsquo;exploser, comme on l&rsquo;a vu lors de l&rsquo;impression incontr\u00f4l\u00e9e qui a suivi l&rsquo;\u00e9clatement de l&rsquo;Union austro-hongroise ou lors du resquillage qui a \u00e9rod\u00e9 l&rsquo;Union mon\u00e9taire de l&rsquo;int\u00e9rieur. <\/p>\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\"><strong>L&rsquo;importance des parall\u00e8les : La politique mon\u00e9taire d\u00e9connect\u00e9e de la r\u00e9alit\u00e9<\/strong><\/h6>\n\n<p>Les parall\u00e8les avec la zone euro actuelle sont directs et g\u00eanants : une monnaie, des politiques budg\u00e9taires souveraines et des r\u00e9alit\u00e9s \u00e9conomiques multiples ; un point d&rsquo;ancrage solide (l&rsquo;Allemagne aujourd&rsquo;hui, la France \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque) qui supporte des charges disproportionn\u00e9es en mati\u00e8re d&rsquo;application de la l\u00e9gislation tout en subventionnant les liens plus faibles par le biais de liquidit\u00e9s et d&rsquo;indulgence politique ; la tentation persistante pour les pays p\u00e9riph\u00e9riques de s&rsquo;appuyer sur un espace mon\u00e9taire partag\u00e9 plut\u00f4t que sur des r\u00e9formes internes ; et le contournement it\u00e9ratif des r\u00e8gles ou l&rsquo;accommodement lorsque la discipline s&rsquo;av\u00e8re douloureuse.<\/p>\n\n<p>Dans les deux cas, la th\u00e9orie promettait l&rsquo;\u00e9quilibre gr\u00e2ce \u00e0 des parit\u00e9s fixes et des flux libres. La r\u00e9alit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e par le parasitisme, l&rsquo;arbitrage, la pression sur le centre et l&rsquo;\u00e9rosion tranquille, jusqu&rsquo;\u00e0 ce que des chocs externes r\u00e9v\u00e8lent les fissures structurelles. <\/p>\n\n<p>Nous savons tous o\u00f9 les exp\u00e9riences de ce type ont eu tendance \u00e0 se terminer : non pas par une autocorrection nette, mais par des d\u00e9valuations asym\u00e9triques (ou leurs \u00e9quivalents modernes sous forme d&rsquo;inflation ou de contr\u00f4les), des fuites de capitaux, des tensions bancaires et l&rsquo;\u00e9rosion de la confiance du public.<\/p>\n\n<p>Jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent, la zone euro a \u00e9vit\u00e9 l&rsquo;\u00e9clatement gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;intervention extraordinaire de la BCE et \u00e0 la volont\u00e9 politique. Mais l&rsquo;histoire nous apprend que de tels accommodements ne peuvent durer \u00e9ternellement sans une convergence structurelle plus profonde ou une rupture douloureuse. <\/p>\n\n<p>L&rsquo;arithm\u00e9tique et la physique ne se plient pas ind\u00e9finiment \u00e0 la th\u00e9orie.<\/p>\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\"><strong>Quand l&rsquo;\u00e9conomie devient th\u00e9ologie<\/strong><\/h6>\n\n<p>\u00c0 ce stade, le langage \u00e9conomique persiste, l&rsquo;\u00e9quilibre, les voies politiques, les objectifs de 2 %, les atterrissages en douceur, mais son lien avec la r\u00e9alit\u00e9 observable s&rsquo;effiloche.<\/p>\n\n<p>Lorsqu&rsquo;un cadre survit en rassurant plut\u00f4t qu&rsquo;en d\u00e9crivant, il risque de devenir autre chose : une th\u00e9ologie de la continuit\u00e9. Nous r\u00e9p\u00e9tons que l&rsquo;inflation va baisser de mani\u00e8re fiable, que la politique reste restrictive, que la normalit\u00e9 est \u00e0 nos portes. Pas toujours parce que les donn\u00e9es l&rsquo;exigent, mais parce qu&rsquo;il est n\u00e9cessaire de croire pour maintenir la confiance.  <\/p>\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\"><strong>Conclusion : Le syst\u00e8me ne s&rsquo;est pas cass\u00e9, il a boug\u00e9<\/strong><\/h6>\n\n<p>Le syst\u00e8me ne s&rsquo;est pas effondr\u00e9 de mani\u00e8re spectaculaire. Il a discr\u00e8tement \u00e9volu\u00e9 vers quelque chose de diff\u00e9rent : un syst\u00e8me o\u00f9 l&rsquo;argent se d\u00e9veloppe pour servir la dette, o\u00f9 l&rsquo;\u00e9nergie impose des limites physiques strictes et o\u00f9 la politique consiste \u00e0 naviguer dans les contradictions plut\u00f4t qu&rsquo;\u00e0 les r\u00e9soudre. <\/p>\n\n<p>\u00c0 l&rsquo;\u00e8re de la monnaie fiduciaire, cette \u00e9volution semble particuli\u00e8rement apesantie, une bulle flottante perp\u00e9tuelle maintenue en l&rsquo;air par les liquidit\u00e9s des banques centrales et la foi collective. Les anciens \u00e9conomistes ne sont pas r\u00e9fut\u00e9s dans leur contexte historique. Ils ont simplement analys\u00e9 un monde diff\u00e9rent, fait de contraintes plus fortes, d&rsquo;une moindre financiarisation et d&rsquo;une raret\u00e9 plus tangible.  <\/p>\n\n<p>Le danger n&rsquo;est pas de les lire, mais de continuer \u00e0 consid\u00e9rer leurs mod\u00e8les comme un \u00e9vangile intemporel alors que le terrain a boug\u00e9.<\/p>\n\n<p>Lorsque les mod\u00e8les \u00e9chouent discr\u00e8tement, les cons\u00e9quences sont rarement annonc\u00e9es en premier lieu dans les revues universitaires. Elles apparaissent dans la fiabilit\u00e9 de l&rsquo;argent, le co\u00fbt et la disponibilit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9nergie et le lent passage du temps. <\/p>\n\n<p>Le temps que la th\u00e9orie rattrape son retard, la r\u00e9alit\u00e9 a d\u00e9j\u00e0 \u00e9volu\u00e9 et la bulle, aussi longtemps qu&rsquo;elle flottera, finira par atteindre ses limites.<\/p>\n\n<p>Eric Lefebvre<\/p>\n\n<p>Lire aussi : <a href=\"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/fr\/quand-largent-reevalue-le-prix-du-temps\/\">Quand l&rsquo;argent r\u00e9\u00e9value le prix du temps<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Et si ce n&rsquo;\u00e9tait pas seulement l&rsquo;argent et l&rsquo;\u00e9nergie qui perdaient leur stabilit\u00e9, mais aussi les th\u00e9ories que nous utilisons pour expliquer l&rsquo;\u00e9conomie ? L&rsquo;article explique pourquoi les mod\u00e8les \u00e9conomiques [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":27536,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"inline_featured_image":false,"_price":"","_stock":"","_tribe_ticket_header":"","_tribe_default_ticket_provider":"","_tribe_ticket_capacity":"0","_ticket_start_date":"","_ticket_end_date":"","_tribe_ticket_show_description":"","_tribe_ticket_show_not_going":false,"_tribe_ticket_use_global_stock":"","_tribe_ticket_global_stock_level":"","_global_stock_mode":"","_global_stock_cap":"","_tribe_rsvp_for_event":"","_tribe_ticket_going_count":"","_tribe_ticket_not_going_count":"","_tribe_tickets_list":"[]","_tribe_ticket_has_attendee_info_fields":false,"footnotes":""},"categories":[9546,9547],"tags":[11690,10234,11355,11667,11661,11564,9645,11686,10300,11694,9587,11692,11675,9676,7626,11688,10298,11668,11691],"class_list":["post-27537","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actualites","category-generalites","tag-banques-centrales","tag-echec","tag-equilibre","tag-fiat-revolution","tag-improvisation","tag-largent","tag-lenergie","tag-la-mort","tag-liquidite","tag-loi-de-gresham","tag-modeles","tag-physique","tag-precedents","tag-realite","tag-restrictions","tag-seigneurie","tag-stabilite","tag-theologie","tag-theorie-monetaire","ownarticle"],"acf":[],"cc_featured_image_caption":{"caption_text":"Quand les mod\u00e8les \u00e9chouent parce qu'un syst\u00e8me ne correspond plus \u00e0 la th\u00e9orie.","source_text":"","source_url":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/27537","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=27537"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/27537\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":27538,"href":"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/27537\/revisions\/27538"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/27536"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=27537"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=27537"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=27537"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}