{"id":28054,"date":"2026-05-12T04:00:00","date_gmt":"2026-05-12T02:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/?p=28054"},"modified":"2026-05-10T12:18:39","modified_gmt":"2026-05-10T10:18:39","slug":"le-pilier-etroit-chronique-eric-lefebvre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/fr\/le-pilier-etroit-chronique-eric-lefebvre\/","title":{"rendered":"Le pilier \u00e9troit"},"content":{"rendered":"<div class=\"ccfic\"><span class=\"ccfic-text\">\u00ab La colonne \u00e9troite \u00bb : concentration, mobilit\u00e9 et les limites actuelles de la fiscalit\u00e9.\r\n<\/span><\/div>\n\n\n\n<p><strong>Concentration, mobilit\u00e9 et limites modernes de la fiscalit\u00e9 : la nouvelle chronique montre pourquoi les imp\u00f4ts sur le revenu dans les \u00e9conomies d\u00e9velopp\u00e9es reposent sur une base plus \u00e9troite qu&rsquo;on ne le pense souvent et pourquoi, pr\u00e9cis\u00e9ment, cette base est de plus en plus mobile. Un sujet qu&rsquo;il convient d&rsquo;aborder avec prudence.   <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les chroniques pr\u00e9c\u00e9dentes de cette s\u00e9rie ont examin\u00e9 les structures sur lesquelles reposent les \u00e9conomies modernes : l&rsquo;\u00e9nergie en tant que moteur physique de la production, le cr\u00e9dit et les obligations en tant que moyens de circulation, la dette en tant qu&rsquo;ombre que l&rsquo;avenir projette sur le pr\u00e9sent, et les fonds propres souverains en tant que grand livre de comptes de l&rsquo;intendance nationale. Chacune de ces colonnes examinait le fonctionnement d&rsquo;un \u00e9l\u00e9ment du syst\u00e8me.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette semaine, l&rsquo;accent n&rsquo;est plus mis sur le fonctionnement du syst\u00e8me, mais sur ce qui le fait fonctionner. Les \u00c9tats modernes ne fonctionnent pas en th\u00e9orie. Ils fonctionnent sur la base des recettes, de la part du revenu national r\u00e9clam\u00e9e chaque ann\u00e9e pour maintenir les structures d\u00e9crites dans les colonnes pr\u00e9c\u00e9dentes. Dans presque toutes les \u00e9conomies d\u00e9velopp\u00e9es, le m\u00e9canisme le plus visible et le plus contest\u00e9 de cette revendication est l&rsquo;imp\u00f4t sur le revenu.   <\/p>\n\n\n\n<p>Il s&rsquo;agit d&rsquo;un sujet o\u00f9 les opinions ont tendance \u00e0 arriver avant les faits, et o\u00f9 les faits eux-m\u00eames sont souvent moins familiers que les opinions. Certains lecteurs ne seront probablement pas d&rsquo;accord avec ce qui suit, peut-\u00eatre m\u00eame fortement. C&rsquo;est normal. L&rsquo;objectif n&rsquo;est pas de d\u00e9fendre un point de vue politique, mais d&rsquo;exposer les donn\u00e9es telles qu&rsquo;elles sont publi\u00e9es par les autorit\u00e9s fiscales nationales et d&rsquo;examiner ce que ces chiffres impliquent pour le syst\u00e8me \u00e9conomique dont nous d\u00e9pendons.   <\/p>\n\n\n\n<p>Si l&rsquo;on y regarde de plus pr\u00e8s, on constate que la structure pr\u00e9sente deux caract\u00e9ristiques qui, ensemble, sont rarement prises en consid\u00e9ration.<\/p>\n\n\n\n<p>Premi\u00e8rement, l&rsquo;assiette de l&rsquo;imp\u00f4t sur le revenu dans la plupart des \u00e9conomies d\u00e9velopp\u00e9es est beaucoup plus concentr\u00e9e que ne le sugg\u00e8re le d\u00e9bat public.<\/p>\n\n\n\n<p>Deuxi\u00e8mement, cette base concentr\u00e9e est de plus en plus mobile.<\/p>\n\n\n\n<p>Ensemble, ces caract\u00e9ristiques d\u00e9terminent discr\u00e8tement ce que les gouvernements peuvent faire et ce qu&rsquo;ils ne peuvent pas faire.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Qui paie r\u00e9ellement ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dans les \u00e9conomies modernes, l&rsquo;imp\u00f4t sur le revenu est g\u00e9n\u00e9ralement d\u00e9crit comme un syst\u00e8me dans lequel tout le monde contribue. En termes statistiques, cette description est trompeuse. Dans toutes les grandes \u00e9conomies, une grande partie de l&rsquo;imp\u00f4t sur le revenu total est collect\u00e9e aupr\u00e8s d&rsquo;une petite partie des contribuables.  <\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00c9tats-Unis en sont l&rsquo;exemple le plus clair. Selon les donn\u00e9es de l&rsquo;Internal Revenue Service, les 1 % de personnes les mieux r\u00e9mun\u00e9r\u00e9es, celles dont le revenu brut ajust\u00e9 est sup\u00e9rieur \u00e0 environ 675 000 dollars, ont pay\u00e9 38,4 % de l&rsquo;ensemble de l&rsquo;imp\u00f4t f\u00e9d\u00e9ral sur le revenu en 2023. Les 10 % les plus riches ont pay\u00e9 70,5 %. Les 50 % les plus riches ont pay\u00e9 environ 97 % de l&rsquo;imp\u00f4t f\u00e9d\u00e9ral sur le revenu. La moiti\u00e9 inf\u00e9rieure des contribuables a contribu\u00e9 \u00e0 hauteur d&rsquo;environ 3 %.    <\/p>\n\n\n\n<p>Le Royaume-Uni pr\u00e9sente un sch\u00e9ma similaire. Selon HM Revenue and Customs, en 2024-2025, les 1 % de contribuables les plus ais\u00e9s ont gagn\u00e9 13,3 % du revenu total mais ont pay\u00e9 28,2 % de l&rsquo;ensemble de l&rsquo;imp\u00f4t sur le revenu. Les 10 % les plus riches gagnaient 35,1 % du revenu total et payaient 60,2 % de l&rsquo;imp\u00f4t sur le revenu. Environ 36 % de la population adulte ne payait aucun imp\u00f4t sur le revenu.   <\/p>\n\n\n\n<p>La France, souvent per\u00e7ue comme plus \u00e9galitaire, pr\u00e9sente une structure de l&rsquo;imp\u00f4t sur le revenu encore plus concentr\u00e9e que ces deux pays. Selon la Direction g\u00e9n\u00e9rale des Finances publiques, les 10 % de m\u00e9nages ayant les revenus les plus \u00e9lev\u00e9s contribueront \u00e0 hauteur d&rsquo;environ 76 % \u00e0 l&rsquo;imp\u00f4t net sur le revenu en 2023. Un peu plus de la moiti\u00e9 des foyers fiscaux fran\u00e7ais ne paient aucun imp\u00f4t sur le revenu. Il est utile de pr\u00e9ciser que l&rsquo;imp\u00f4t sur le revenu ne repr\u00e9sente qu&rsquo;environ 7 % du total des imp\u00f4ts et cotisations pay\u00e9s par les r\u00e9sidents fran\u00e7ais, le reste provenant essentiellement des cotisations sociales et de la taxe sur la valeur ajout\u00e9e. L&rsquo;imp\u00f4t sur le revenu lui-m\u00eame repose cependant sur une base remarquablement \u00e9troite.    <\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;Allemagne suit une logique comparable, bien que l\u00e9g\u00e8rement moins concentr\u00e9e. La Suisse, de mani\u00e8re peut-\u00eatre surprenante, se situe \u00e0 l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9 la plus concentr\u00e9e du spectre. Selon les chiffres de l&rsquo;Administration f\u00e9d\u00e9rale des contributions cit\u00e9s dans le KPMG Swiss Tax Report 2025, environ 80 % de l&rsquo;ensemble de l&rsquo;imp\u00f4t f\u00e9d\u00e9ral direct sur le revenu est pay\u00e9 par les 10 % de contribuables les plus ais\u00e9s. Plus de la moiti\u00e9 de l&rsquo;imp\u00f4t f\u00e9d\u00e9ral direct sur le revenu provient du seul 1 % sup\u00e9rieur.   <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"329\" src=\"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Bildschirmfoto-2026-05-10-um-09.34.11-2-1024x329.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-28044\" srcset=\"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Bildschirmfoto-2026-05-10-um-09.34.11-2-1024x329.png 1024w, https:\/\/www.thebrokernews.ch\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Bildschirmfoto-2026-05-10-um-09.34.11-2-300x96.png 300w, https:\/\/www.thebrokernews.ch\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Bildschirmfoto-2026-05-10-um-09.34.11-2-768x246.png 768w, https:\/\/www.thebrokernews.ch\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Bildschirmfoto-2026-05-10-um-09.34.11-2-1536x493.png 1536w, https:\/\/www.thebrokernews.ch\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Bildschirmfoto-2026-05-10-um-09.34.11-2.png 1814w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Ces chiffres reposent sur des d\u00e9finitions l\u00e9g\u00e8rement diff\u00e9rentes dans chaque syst\u00e8me, et les comparaisons directes entre pays doivent \u00eatre effectu\u00e9es avec prudence. Mais la tendance est la m\u00eame. Dans toutes les \u00e9conomies d\u00e9velopp\u00e9es, un petit groupe supporte une part disproportionn\u00e9e de la charge fiscale. Aux \u00c9tats-Unis, le 1 % sup\u00e9rieur paie plus d&rsquo;imp\u00f4t f\u00e9d\u00e9ral sur le revenu que les 90 % inf\u00e9rieurs r\u00e9unis. En Suisse, plus de la moiti\u00e9 de l&rsquo;ensemble de l&rsquo;imp\u00f4t f\u00e9d\u00e9ral direct sur le revenu provient de seulement 1 % des contribuables.    <\/p>\n\n\n\n<p>Le syst\u00e8me de l&rsquo;imp\u00f4t sur le revenu n&rsquo;est donc pas une structure plate r\u00e9partie uniform\u00e9ment sur l&rsquo;ensemble de la population. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un pilier \u00e9troit reposant sur une petite base de hauts revenus. <\/p>\n\n\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\"><strong>Le laboratoire suisse<\/strong><\/h6>\n\n\n\n<p>Parmi ces syst\u00e8mes, la Suisse est le plus instructif et, \u00e0 bien des \u00e9gards, le plus caract\u00e9ristique. La charge fiscale globale du pays s&rsquo;\u00e9levait \u00e0 environ 27 % du PIB en 2024, bien en dessous de la moyenne de 34 % de l&rsquo;OCDE. Pourtant, ses finances publiques ne sont pas mises \u00e0 rude \u00e9preuve, ses services publics soutiennent la comparaison avec des pays qui per\u00e7oivent beaucoup plus d&rsquo;imp\u00f4ts, et le budget f\u00e9d\u00e9ral reste proche de l&rsquo;\u00e9quilibre.  <\/p>\n\n\n\n<p>Une partie de l&rsquo;explication r\u00e9side dans la structure f\u00e9d\u00e9rale. L&rsquo;imp\u00f4t sur le revenu est pr\u00e9lev\u00e9 \u00e0 trois niveaux : f\u00e9d\u00e9ral, cantonal et communal. Le taux f\u00e9d\u00e9ral est progressif mais plafonn\u00e9 \u00e0 11,5 %, identique dans tout le pays. Les taux cantonaux et communaux ne le sont pas. Ils varient \u00e9norm\u00e9ment, en raison d&rsquo;une volont\u00e9 constitutionnelle d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e.    <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"369\" src=\"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Bildschirmfoto-2026-05-10-um-09.37.43-1-1024x369.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-28046\" srcset=\"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Bildschirmfoto-2026-05-10-um-09.37.43-1-1024x369.png 1024w, https:\/\/www.thebrokernews.ch\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Bildschirmfoto-2026-05-10-um-09.37.43-1-300x108.png 300w, https:\/\/www.thebrokernews.ch\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Bildschirmfoto-2026-05-10-um-09.37.43-1-768x277.png 768w, https:\/\/www.thebrokernews.ch\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Bildschirmfoto-2026-05-10-um-09.37.43-1-1536x553.png 1536w, https:\/\/www.thebrokernews.ch\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Bildschirmfoto-2026-05-10-um-09.37.43-1.png 1744w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Une personne \u00e0 haut revenu qui d\u00e9m\u00e9nage de Gen\u00e8ve \u00e0 Zoug peut r\u00e9duire sa charge fiscale effective d&rsquo;environ vingt points de pourcentage sans quitter le pays. Il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;une faille. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une caract\u00e9ristique constitutionnelle. Les cantons se font ouvertement concurrence pour attirer les r\u00e9sidents et les entreprises, et le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral n&rsquo;a pas le pouvoir de fixer leurs taux. La constitution elle-m\u00eame impose un plafond \u00e0 l&rsquo;imp\u00f4t f\u00e9d\u00e9ral et exige un renouvellement p\u00e9riodique de cette autorit\u00e9 par le peuple.    <\/p>\n\n\n\n<p>Ce syst\u00e8me a produit deux r\u00e9sultats qui sont souvent d\u00e9battus \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger, mais rarement ensemble. La Suisse per\u00e7oit moins d&rsquo;imp\u00f4ts en proportion de son \u00e9conomie que presque tous les autres pays occidentaux, mais son assiette fiscale est l&rsquo;une des plus concentr\u00e9es du monde d\u00e9velopp\u00e9. La discipline impos\u00e9e par la concurrence, entre les cantons au sein de la Suisse et entre la Suisse et le reste du monde, a fa\u00e7onn\u00e9 ces deux r\u00e9sultats simultan\u00e9ment.  <\/p>\n\n\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\"><strong>Lorsque le pilier se d\u00e9place<\/strong><\/h6>\n\n\n\n<p>La concentration de l&rsquo;assiette fiscale aurait moins d&rsquo;importance si les personnes qui la constituent \u00e9taient stationnaires. Or, elles ne le sont pas tout \u00e0 fait. <\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;histoire contient plusieurs \u00e9pisodes instructifs.<\/p>\n\n\n\n<p>En 2012, la France a introduit un taux marginal sup\u00e9rieur d&rsquo;imp\u00f4t sur le revenu de 75 % pour les revenus sup\u00e9rieurs \u00e0 un million d&rsquo;euros. Cette mesure \u00e9tait politiquement populaire \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque et largement soutenue par les sondages d&rsquo;opinion. Elle a \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9e en 2014. Les gains de recettes pr\u00e9vus ne se sont pas concr\u00e9tis\u00e9s. En 2013, les recettes fiscales totales ont \u00e9t\u00e9 inf\u00e9rieures d&rsquo;environ quatorze milliards d&rsquo;euros aux pr\u00e9visions. Manuel Valls, alors premier ministre, a r\u00e9sum\u00e9 la le\u00e7on dans une remarque qui est depuis entr\u00e9e dans le langage : \u00a0\u00bb trop d&rsquo;imp\u00f4t tue l&rsquo;imp\u00f4t \u00ab\u00a0. Trop d&rsquo;imp\u00f4t tue l&rsquo;imp\u00f4t. Le taux de soixante-quinze pour cent n&rsquo;est plus une loi.       <\/p>\n\n\n\n<p>Le pr\u00e9c\u00e9dent imp\u00f4t fran\u00e7ais sur la fortune, l&rsquo;imp\u00f4t de solidarit\u00e9 sur la fortune, a fait l&rsquo;objet d&rsquo;\u00e9tudes encore plus approfondies. Selon les estimations de New World Wealth, environ 60 000 millionnaires fran\u00e7ais ont quitt\u00e9 le pays entre 2000 et 2017 en raison de l&rsquo;ISF et des changements fiscaux qui l&rsquo;ont accompagn\u00e9. L&rsquo;ISF a \u00e9t\u00e9 en grande partie supprim\u00e9 en 2017 et remplac\u00e9 par un imp\u00f4t plus restreint sur les biens immobiliers, l&rsquo;IFI.  <\/p>\n\n\n\n<p>Un cas plus r\u00e9cent et exceptionnellement bien document\u00e9 est celui de la Norv\u00e8ge. En 2022, le gouvernement norv\u00e9gien a relev\u00e9 le taux de l&rsquo;imp\u00f4t sur la fortune de 0,85 \u00e0 1,1 % et a augment\u00e9 l&rsquo;imposition des dividendes. Cette mesure combin\u00e9e devrait permettre de collecter 146 millions de dollars suppl\u00e9mentaires par an. Selon une \u00e9tude r\u00e9alis\u00e9e par CitizenX et largement diffus\u00e9e dans les m\u00e9dias scandinaves, des personnes repr\u00e9sentant une fortune imposable d&rsquo;environ 54 milliards de dollars se sont par la suite d\u00e9localis\u00e9es, principalement en Suisse. La perte annuelle estim\u00e9e des recettes de l&rsquo;imp\u00f4t sur la fortune s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve \u00e0 elle seule \u00e0 594 millions de dollars, soit environ quatre fois le gain escompt\u00e9. En 2024, plus de 300 multimillionnaires et milliardaires auraient quitt\u00e9 la Norv\u00e8ge, dont la quatri\u00e8me personne la plus riche du pays.     <\/p>\n\n\n\n<p>Le cas norv\u00e9gien est \u00e9clairant parce que la modification fiscale \u00e9tait, selon les normes internationales, modeste. Le seuil \u00e0 partir duquel le taux plus \u00e9lev\u00e9 s&rsquo;appliquait \u00e9tait relativement bas et l&rsquo;augmentation elle-m\u00eame \u00e9tait faible. Pourtant, la r\u00e9action comportementale a \u00e9t\u00e9 brutale dans la partie sup\u00e9rieure de la distribution.  <\/p>\n\n\n\n<p>Il est important de ne pas exag\u00e9rer ce ph\u00e9nom\u00e8ne. Des travaux universitaires r\u00e9cents, ainsi que des analyses r\u00e9alis\u00e9es par le Tax Justice Network et d&rsquo;autres, montrent que la migration des millionnaires par rapport \u00e0 la population concern\u00e9e reste faible, g\u00e9n\u00e9ralement bien inf\u00e9rieure \u00e0 1 % par an. La plupart des personnes fortun\u00e9es ne partent pas lorsque les imp\u00f4ts augmentent. L&rsquo;attachement \u00e0 la famille, \u00e0 la langue, aux \u00e9coles, aux soins de sant\u00e9 et aux r\u00e9seaux accumul\u00e9s ancre la plupart des gens sur place. Le minist\u00e8re fran\u00e7ais de l&rsquo;\u00e9conomie lui-m\u00eame a indiqu\u00e9 au d\u00e9but de l&rsquo;ann\u00e9e que seuls 0,2 % environ des 1 % de personnes les mieux r\u00e9mun\u00e9r\u00e9es \u00e9migrent chaque ann\u00e9e, soit la moiti\u00e9 du taux de l&rsquo;ensemble de la population.    <\/p>\n\n\n\n<p>Mais l&rsquo;assiette de l&rsquo;imp\u00f4t sur le revenu est tellement concentr\u00e9e au sommet que m\u00eame des flux modestes en provenance des plus riches peuvent avoir des effets visibles sur les recettes. Lorsque 1 % des contribuables paient entre 30 et 50 % de l&rsquo;imp\u00f4t sur le revenu, le d\u00e9part de quelques centaines de personnes peut avoir un effet fiscal totalement disproportionn\u00e9 par rapport \u00e0 leur nombre. La sensibilit\u00e9 structurelle est r\u00e9elle, m\u00eame si le taux de migration typique est faible.  <\/p>\n\n\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\"><strong>Le parall\u00e8le avec les entreprises<\/strong><\/h6>\n\n\n\n<p>Une dynamique similaire, plus visible et plus ancienne, a fa\u00e7onn\u00e9 la fiscalit\u00e9 des entreprises.<\/p>\n\n\n\n<p>En 1980, le taux moyen de l&rsquo;imp\u00f4t sur les soci\u00e9t\u00e9s dans les pays de l&rsquo;OCDE \u00e9tait d&rsquo;environ 48 %. Aujourd&rsquo;hui, il est d&rsquo;environ 23 %. Cette baisse n&rsquo;est pas le fruit d&rsquo;une politique coordonn\u00e9e. Elle est le fruit de la concurrence.   <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"620\" src=\"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Bildschirmfoto-2026-05-10-um-09.44.59-1-1024x620.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-28047\" srcset=\"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Bildschirmfoto-2026-05-10-um-09.44.59-1-1024x620.png 1024w, https:\/\/www.thebrokernews.ch\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Bildschirmfoto-2026-05-10-um-09.44.59-1-300x182.png 300w, https:\/\/www.thebrokernews.ch\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Bildschirmfoto-2026-05-10-um-09.44.59-1-768x465.png 768w, https:\/\/www.thebrokernews.ch\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Bildschirmfoto-2026-05-10-um-09.44.59-1-1536x930.png 1536w, https:\/\/www.thebrokernews.ch\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Bildschirmfoto-2026-05-10-um-09.44.59-1.png 1754w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Pendant des d\u00e9cennies, les juridictions \u00e0 taux r\u00e9duit ont attir\u00e9 les si\u00e8ges sociaux des multinationales, la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle et les structures de financement intra-groupe. Le taux irlandais de 12,5 %, maintenu pendant plusieurs cycles \u00e9conomiques, a transform\u00e9 le pays en l&rsquo;une des destinations les plus importantes d&rsquo;Europe pour l&rsquo;investissement direct \u00e9tranger. La Hongrie, avec un taux de 9 %, a poursuivi une strat\u00e9gie similaire \u00e0 plus petite \u00e9chelle. Les cantons suisses ont \u00e9t\u00e9 en concurrence entre eux et avec le reste du monde pendant toute cette p\u00e9riode.   <\/p>\n\n\n\n<p>Dans de nombreuses capitales, ce sch\u00e9ma a fini par \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un probl\u00e8me. En 2021, plus de 130 pays ont convenu, sous les auspices de l&rsquo;OCDE, d&rsquo;introduire un taux d&rsquo;imposition effectif minimum de 15 % sur les b\u00e9n\u00e9fices des grandes multinationales, dans le cadre connu sous le nom de \u00ab\u00a0deuxi\u00e8me pilier\u00a0\u00bb. L&rsquo;objectif d\u00e9clar\u00e9, dans les propres termes de l&rsquo;OCDE, \u00e9tait de fixer un plancher \u00e0 la concurrence fiscale et de mettre fin \u00e0 la course vers le bas.  <\/p>\n\n\n\n<p>Le deuxi\u00e8me pilier a \u00e9t\u00e9 mis en \u0153uvre dans la plupart des pays de l&rsquo;Union europ\u00e9enne, au Royaume-Uni, en Norv\u00e8ge, en Suisse et dans de nombreuses autres juridictions depuis 2024. En janvier 2026, l&rsquo;OCDE a toutefois convenu d&rsquo;un arrangement parall\u00e8le en vertu duquel les \u00c9tats-Unis, qui ont refus\u00e9 d&rsquo;adopter officiellement le deuxi\u00e8me pilier, appliqueraient parall\u00e8lement leur propre r\u00e9gime d&rsquo;imposition minimale. Le cadre reste en place. Il ne s&rsquo;est pas effondr\u00e9. Mais le plancher qu&rsquo;il impose \u00e0 la concurrence fiscale est partiel, et les n\u00e9gociations autour de ce plancher sont en cours.    <\/p>\n\n\n\n<p>Le point le plus important est que m\u00eame avec un taux minimum coordonn\u00e9 de 15 %, la concurrence ne dispara\u00eet pas. Elle s&rsquo;exerce au niveau de la conception de l&rsquo;assiette, des subventions, des incitations \u00e0 l&rsquo;investissement mat\u00e9riel et des exclusions fond\u00e9es sur la substance. Les r\u00e8gles du deuxi\u00e8me pilier comprennent elles-m\u00eames une exclusion fond\u00e9e sur la substance qui permet aux incitations fiscales li\u00e9es \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 r\u00e9elle de r\u00e9duire le taux effectif. Le concours se poursuit, sur un terrain diff\u00e9rent.   <\/p>\n\n\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\"><strong>Une logique famili\u00e8re aux entreprises<\/strong><\/h6>\n\n\n\n<p>Il y a une fa\u00e7on de voir les choses qui peut sembler inconfortable dans le contexte de la fiscalit\u00e9, mais qui est rarement contest\u00e9e dans le monde des affaires. Les entreprises qui sont en concurrence sur un march\u00e9 ouvert apprennent rapidement que les clients r\u00e9agissent aux prix, en particulier lorsqu&rsquo;il existe des alternatives. Lorsque les ventes diminuent, la question est rarement de savoir si les clients ont cess\u00e9 de vouloir le produit. Il s&rsquo;agit plus souvent de savoir s&rsquo;ils ont trouv\u00e9 quelque chose de comparable ailleurs, \u00e0 un prix inf\u00e9rieur.   <\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00c9tats modernes, au sens \u00e9conomique strict, sont \u00e9galement des fournisseurs. Ils fournissent la s\u00e9curit\u00e9, l&rsquo;\u00c9tat de droit, les infrastructures, les tribunaux, l&rsquo;\u00e9ducation, les soins de sant\u00e9, la stabilit\u00e9 mon\u00e9taire et le cadre institutionnel dans lequel la production devient possible. La fiscalit\u00e9 est le prix pay\u00e9 pour cet ensemble de services.  <\/p>\n\n\n\n<p>Pendant la majeure partie de l&rsquo;histoire, la plupart des gens n&rsquo;ont eu d&rsquo;autre choix que d&rsquo;accepter ce prix. Le service et le prix \u00e9taient li\u00e9s par la g\u00e9ographie. Aujourd&rsquo;hui, ce n&rsquo;est plus le cas pour une part importante des hauts revenus et pour la plupart des grandes entreprises. Des services comparables sont disponibles dans d&rsquo;autres juridictions, et le prix diff\u00e8re.   <\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque l&rsquo;\u00e9cart est faible, l&rsquo;attachement au pays, \u00e0 la langue, \u00e0 la famille, aux \u00e9coles et \u00e0 la continuit\u00e9 de la vie tend \u00e0 dominer, comme le confirment les donn\u00e9es sur les migrations r\u00e9elles. Lorsque l&rsquo;\u00e9cart devient important, ou lorsque le service est per\u00e7u comme se d\u00e9gradant alors que le prix augmente, le calcul change. La m\u00eame logique qui pousse un client vers un fournisseur moins cher mais de qualit\u00e9 comparable commence \u00e0 op\u00e9rer. Il s&rsquo;agit l\u00e0 d&rsquo;une observation analytique et non normative. Elle ne signifie pas que la taxation est injuste, ni que ceux qui partent ont raison de le faire. Elle constate simplement que la logique qui r\u00e9git les choix dans tous les autres domaines de la vie \u00e9conomique ne s&rsquo;arr\u00eate pas \u00e0 la porte de la politique fiscale.     <\/p>\n\n\n\n<p>Il s&rsquo;ensuit une autre observation, trop rarement reconnue dans le d\u00e9bat public. La mobilit\u00e9 que cette dynamique implique n&rsquo;est pas uniform\u00e9ment r\u00e9partie sur l&rsquo;\u00e9chelle des revenus. Les bas salaires sont largement li\u00e9s \u00e0 leur lieu de r\u00e9sidence, par l&#8217;emploi, par les obligations familiales, par la langue, par les aspects pratiques du d\u00e9m\u00e9nagement d&rsquo;un m\u00e9nage de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;une fronti\u00e8re, et souvent par l&rsquo;absence de tout gain financier significatif. Les personnes \u00e0 hauts revenus sont moins confront\u00e9es \u00e0 ces contraintes. Ils ont g\u00e9n\u00e9ralement les moyens, la flexibilit\u00e9 professionnelle, les r\u00e9seaux internationaux et les conseils juridiques n\u00e9cessaires pour comparer les prix s&rsquo;ils le souhaitent.    <\/p>\n\n\n\n<p>Il en r\u00e9sulte une asym\u00e9trie silencieuse dans tout syst\u00e8me fiscal con\u00e7u pour extraire davantage de ceux qui gagnent le plus. La partie de l&rsquo;assiette la plus apte \u00e0 r\u00e9agir aux prix est aussi celle dont le syst\u00e8me d\u00e9pend le plus. La partie de l&rsquo;assiette la moins apte \u00e0 r\u00e9agir supporte la plus petite part des recettes, mais la plus grande part de ce qui ne peut \u00eatre d\u00e9plac\u00e9.  <\/p>\n\n\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\"><strong>Deux caract\u00e9ristiques qui vont de pair<\/strong><\/h6>\n\n\n\n<p>Deux caract\u00e9ristiques du syst\u00e8me fiscal moderne sont donc \u00e0 souligner.<\/p>\n\n\n\n<p>Premi\u00e8rement, l&rsquo;assiette de l&rsquo;imp\u00f4t sur le revenu est fortement concentr\u00e9e au sommet de la distribution. Dans la plupart des \u00e9conomies d\u00e9velopp\u00e9es, le d\u00e9cile sup\u00e9rieur des contribuables paie la majorit\u00e9 de l&rsquo;ensemble de l&rsquo;imp\u00f4t sur le revenu collect\u00e9, et dans certains pays, dont la France et la Suisse, bien plus que soixante-dix pour cent. <\/p>\n\n\n\n<p>Deuxi\u00e8mement, cette base est mobile, tant pour les particuliers que pour les entreprises. Cette mobilit\u00e9 n&rsquo;est pas absolue et ne doit pas \u00eatre exag\u00e9r\u00e9e. La plupart des gens, y compris les plus riches, ne se d\u00e9placent pas en r\u00e9ponse aux changements fiscaux. Mais \u00e0 la marge, l\u00e0 o\u00f9 les paiements les plus importants proviennent d&rsquo;un petit nombre de d\u00e9cisions, l&rsquo;\u00e9lasticit\u00e9 est r\u00e9elle et visible.   <\/p>\n\n\n\n<p>Ces deux caract\u00e9ristiques cr\u00e9ent un compromis discret que les syst\u00e8mes politiques reconnaissent rarement ouvertement. Des taux plus \u00e9lev\u00e9s ne produisent pas toujours des recettes plus importantes. Il existe un niveau au-del\u00e0 duquel les r\u00e9actions comportementales, le report, la restructuration ou, dans certains cas, la d\u00e9localisation, commencent \u00e0 neutraliser les gains escompt\u00e9s. L&#8217;emplacement exact de ce niveau d\u00e9pend du pays, de la conception de la taxe, des secteurs concern\u00e9s et des alternatives disponibles. Il est rarement visible tant qu&rsquo;il n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 franchi.    <\/p>\n\n\n\n<p>Le cas de la Suisse montre que ce compromis peut \u00eatre g\u00e9r\u00e9 d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment. En acceptant des taux plus bas et en limitant sa propre capacit\u00e9 \u00e0 les augmenter, la Suisse a mis en place un syst\u00e8me dans lequel un petit nombre de hauts revenus et de grandes entreprises restent et paient. L&rsquo;assiette est concentr\u00e9e, mais elle reste.  <\/p>\n\n\n\n<p>Les cas de la France et de la Norv\u00e8ge illustrent ce qui se passe lorsque l&rsquo;on ne tient pas compte de ce compromis.<\/p>\n\n\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\"><strong>Une conclusion simple<\/strong><\/h6>\n\n\n\n<p>Dans les d\u00e9bats sur la fiscalit\u00e9, on est tent\u00e9 de supposer que les recettes d\u00e9pendent uniquement des taux. Les donn\u00e9es ne confirment pas cette hypoth\u00e8se. Les recettes sont fonction des taux et de l&rsquo;assiette, et l&rsquo;assiette, dans les \u00e9conomies modernes, est mobile, du moins au sommet.  <\/p>\n\n\n\n<p>Cela ne signifie pas que les hauts revenus ou les grandes entreprises doivent \u00eatre faiblement impos\u00e9s. Cela signifie que la question de savoir ce qu&rsquo;ils doivent payer ne peut \u00eatre s\u00e9par\u00e9e de la question de savoir ce qu&rsquo;ils continueront \u00e0 payer si le taux change. Dans n&rsquo;importe quel autre secteur, un fournisseur appellerait cela de la concurrence. En mati\u00e8re de politique fiscale, elle est trop souvent trait\u00e9e comme une trahison.   <\/p>\n\n\n\n<p>Les personnes raisonnables ne sont pas d&rsquo;accord sur le bon niveau. Il s&rsquo;agit l\u00e0 d&rsquo;un d\u00e9bat politique l\u00e9gitime, que cette chronique n&rsquo;a pas l&rsquo;ambition de trancher. Mais la r\u00e9alit\u00e9 structurelle sur laquelle repose le d\u00e9bat, la concentration de la base, la mobilit\u00e9 de ceux qui la constituent et l&rsquo;asym\u00e9trie entre ceux qui peuvent se d\u00e9placer et ceux qui ne le peuvent pas, n&rsquo;est pas, en soi, contest\u00e9e par les donn\u00e9es publi\u00e9es par les autorit\u00e9s fiscales du monde entier.  <\/p>\n\n\n\n<p>Un petit groupe paie la majeure partie de l&rsquo;imp\u00f4t sur le revenu. Ce groupe peut se d\u00e9placer. Et lorsqu&rsquo;il se d\u00e9place, la perte n&rsquo;est pas proportionnelle \u00e0 sa taille, mais \u00e0 sa part du total. Ceux qui restent et qui continuent \u00e0 payer sont g\u00e9n\u00e9ralement ceux qui n&rsquo;ont jamais eu la possibilit\u00e9 de partir.   <\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le pilier est plus \u00e9troit qu&rsquo;il n&rsquo;y para\u00eet. Et les piliers \u00e9troits, aussi solides qu&rsquo;ils puissent para\u00eetre, se comportent diff\u00e9remment lorsque le sol se d\u00e9place sous eux. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Eric Lefebvre<\/p>\n\n\n\n<p>Lire aussi : <a href=\"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/fr\/le-bilan-national-actifs-etat-hartwick\/\">Le bilan national : richesse nationale, r\u00e8gle de Hartwick et responsabilit\u00e9 des nations<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Concentration, mobilit\u00e9 et limites modernes de la fiscalit\u00e9 : la nouvelle chronique montre pourquoi les imp\u00f4ts sur le revenu dans les \u00e9conomies d\u00e9velopp\u00e9es reposent sur une base plus \u00e9troite qu&rsquo;on [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":28064,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"inline_featured_image":false,"_price":"","_stock":"","_tribe_ticket_header":"","_tribe_default_ticket_provider":"","_tribe_ticket_capacity":"0","_ticket_start_date":"","_ticket_end_date":"","_tribe_ticket_show_description":"","_tribe_ticket_show_not_going":false,"_tribe_ticket_use_global_stock":"","_tribe_ticket_global_stock_level":"","_global_stock_mode":"","_global_stock_cap":"","_tribe_rsvp_for_event":"","_tribe_ticket_going_count":"","_tribe_ticket_not_going_count":"","_tribe_tickets_list":"[]","_tribe_ticket_has_attendee_info_fields":false,"footnotes":""},"categories":[9546,12145,9547],"tags":[12149,12154,9563,11199,12151,10534,12150,12146,10228,12148,12152,12153,12147,12086],"class_list":["post-28054","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actualites","category-colonnes","category-generalites","tag-base","tag-caracteristiques","tag-chronique-du-mardi","tag-conclusion","tag-contribuable","tag-deplacement","tag-economies","tag-etroite","tag-frontieres","tag-impots-sur-le-revenu","tag-modele-suisse","tag-paralleles","tag-pilier","tag-societe"],"acf":[],"cc_featured_image_caption":{"caption_text":"\u00ab La colonne \u00e9troite \u00bb : concentration, mobilit\u00e9 et les limites actuelles de la fiscalit\u00e9.\r\n","source_text":"","source_url":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/28054","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=28054"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/28054\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":28065,"href":"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/28054\/revisions\/28065"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/28064"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=28054"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=28054"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=28054"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}