{"id":29288,"date":"2026-06-23T04:00:00","date_gmt":"2026-06-23T02:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/?p=29288"},"modified":"2026-06-21T14:23:42","modified_gmt":"2026-06-21T12:23:42","slug":"la-semaine-ou-loracle-commence-a-se-taire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/fr\/la-semaine-ou-loracle-commence-a-se-taire\/","title":{"rendered":"La semaine o\u00f9 l&rsquo;oracle a commenc\u00e9 \u00e0 se taire"},"content":{"rendered":"<div class=\"ccfic\"><span class=\"ccfic-text\">Un responsable de banque centrale apprend \u00e0 composer avec l'inflation, ce taux de 2 % issu d'un studio de t\u00e9l\u00e9vision, et les relations de plus en plus \u00e9tranges que la Fed entretient \u00e0 l'\u00e9tranger<\/span><\/div>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Lorsque Kevin Warsh a mis fin mercredi \u00e0 la \u00ab forward guidance \u00bb de la Fed, il n\u2019a pratiquement rien dit, mais son geste a eu plus d\u2019impact que n\u2019importe quel communiqu\u00e9 de presse. Au m\u00eame moment, Washington et T\u00e9h\u00e9ran signaient un m\u00e9morandum sur un cessez-le-feu dans le golfe Persique, qui ressemblait \u00e0 la paix sans en \u00eatre une. Une semaine, deux annonces, un contraste : le banquier qui s&rsquo;est tu en a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 davantage que les hommes d&rsquo;\u00c9tat qui ont pris la parole.  <\/strong><\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Deux annonces ont \u00e9t\u00e9 faites cette semaine, et la plus importante d&rsquo;entre elles \u00e9tait le silence.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pendant pr\u00e8s de deux d\u00e9cennies, la R\u00e9serve f\u00e9d\u00e9rale a exerc\u00e9 son influence moins par le taux d\u2019int\u00e9r\u00eat qu\u2019elle fixait que par les mots qu\u2019elle utilisait pour d\u00e9crire le taux qu\u2019elle pourrait fixer par la suite. Son instrument, c\u2019\u00e9tait le langage. Le \u00ab forward guidance \u00bb, une expression que personne en dehors de ses murs ne reconna\u00eetrait comme \u00e9tant de l\u2019anglais, signifiait que la banque centrale indiquait au march\u00e9, \u00e0 l\u2019avance et par \u00e9tapes rassurantes, la direction g\u00e9n\u00e9rale que prendrait la politique mon\u00e9taire, de sorte que les prix de tout pouvaient s\u2019adapter d\u00e8s aujourd\u2019hui \u00e0 une d\u00e9cision qui n\u2019avait pas encore \u00e9t\u00e9 prise. Un avenir d\u00e9crit est un avenir n\u00e9gociable. C\u2019\u00e9tait, \u00e0 sa mani\u00e8re, l\u2019exemple le plus pur de la \u00abNewspeak\u00bb (novlangue) sur laquelle cette chronique revient sans cesse : un vocabulaire con\u00e7u pour donner l\u2019impression de fournir des informations sans pour autant s\u2019engager sur quoi que ce soit.    <\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mercredi, lors de sa premi\u00e8re r\u00e9union en tant que pr\u00e9sident, <a href=\"https:\/\/de.wikipedia.org\/wiki\/Kevin_Warsh\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Kevin Warsh<\/a> a cess\u00e9 de faire des d\u00e9clarations. Le comit\u00e9 a maintenu le taux directeur entre 3,50 et 3,75 %, niveau o\u00f9 il se situait depuis d\u00e9cembre, et ce maintien n&rsquo;\u00e9tait encore que le moindre des probl\u00e8mes. M. Warsh a annonc\u00e9 que la Fed ne donnerait d\u00e9sormais plus aucune \u00ab orientation prospective \u00bb, au motif que celle-ci n\u2019\u00e9tait \u00ab pas adapt\u00e9e \u00e0 la situation actuelle en mati\u00e8re de politique mon\u00e9taire \u00bb et, au cas o\u00f9 quelqu\u2019un pourrait confondre cette mesure organisationnelle avec la v\u00e9ritable nouvelle, il a mis en place cinq groupes de travail charg\u00e9s de repenser la philosophie de l\u2019institution. Il a r\u00e9affirm\u00e9 l\u2019objectif d\u2019inflation de 2 %, alors que celle-ci s\u2019\u00e9levait \u00e0 4,2 %, son plus haut niveau depuis trois ans, et a laiss\u00e9 les pr\u00e9visions exprimer ce que les d\u00e9cideurs ne sont plus autoris\u00e9s \u00e0 dire litt\u00e9ralement. La m\u00e9diane des pr\u00e9visions des d\u00e9cideurs table d\u00e9sormais sur un taux directeur plus \u00e9lev\u00e9 en fin d\u2019ann\u00e9e qu\u2019en d\u00e9but d\u2019ann\u00e9e.    <\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lisez attentivement ce qui suit, car cela va \u00e0 l&rsquo;encontre de ce que le march\u00e9 avait anticip\u00e9 tout au long du printemps. La porte que Warsh laisse ouverte n\u2019est pas celle d\u2019une baisse des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat. C\u2019est celle d\u2019une hausse des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat. Et voici ce que les articles, par politesse, ont omis de mentionner : Un homme qui maintient les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat stables \u00e0 3,5 % alors que l\u2019inflation s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 4,2 %, et dont le comit\u00e9 s\u2019oriente d\u00e9sormais davantage vers un resserrement que vers un assouplissement, est un homme qui s\u2019est tacitement r\u00e9sign\u00e9 \u00e0 ce que l\u2019inflation reste au-dessus de l\u2019objectif pendant un certain temps. Il parle de 2 % avec ses mots, mais ses actes lui permettent de tol\u00e9rer un taux plus proche de 4 %. Il n\u2019admettra pas cet \u00e9cart, car aucun banquier central ne le fait jamais. Il n\u2019en a d\u2019ailleurs pas besoin. Les projections le lui permettent. Apr\u00e8s des ann\u00e9es pendant lesquelles les gouverneurs de banque centrale ont promis de ramener l\u2019inflation \u00ab de mani\u00e8re durable \u00bb \u00e0 son niveau cible, il est presque rafra\u00eechissant de voir l\u2019un d\u2019entre eux cesser de faire comme s\u2019il \u00e9tait press\u00e9.        <\/p>\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\">Deux pour cent et la cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision d&rsquo;o\u00f9 provient ce chiffre<\/h6>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cela soul\u00e8ve une question que presque personne dans le monde de la finance n\u2019ose poser \u00e0 voix haute. Pourquoi deux pour cent ? Pas trois, ni un, ni z\u00e9ro. Ce chiffre est r\u00e9cit\u00e9 par toutes les banques centrales du monde avec le s\u00e9rieux d\u2019une loi physique, inscrit dans leurs mandats, d\u00e9fendu lors d\u2019auditions et invoqu\u00e9 pour justifier le co\u00fbt de l\u2019argent sur l\u2019ensemble de la plan\u00e8te. Si l\u2019on demande d\u2019o\u00f9 il vient, le silence s\u2019installe dans la salle, car la r\u00e9ponse honn\u00eate est embarrassante. Il provient d\u2019une interview t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e. En 1988, le ministre des Finances n\u00e9o-z\u00e9landais Roger Douglas a \u00e9t\u00e9 interrog\u00e9 sur l\u2019inflation lors d\u2019une \u00e9mission en direct et a d\u00e9clar\u00e9 spontan\u00e9ment qu\u2019elle devrait baisser \u00e0 environ z\u00e9ro, voire entre z\u00e9ro et un pour cent. Il n\u2019en avait pas discut\u00e9 au pr\u00e9alable avec ses collaborateurs.       <\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ils ont ensuite reformul\u00e9 cette improvisation en un objectif compris entre z\u00e9ro et deux pour cent ; le reste du monde a embo\u00eet\u00e9 le pas \u00e0 la Nouvelle-Z\u00e9lande, car c&rsquo;est elle qui avait ouvert la voie, et un chiffre qu&rsquo;un homme politique avait \u00e9voqu\u00e9 un apr\u00e8s-midi \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision en direct s&rsquo;est impos\u00e9 comme ce qui, en \u00e9conomie moderne, se rapproche le plus d&rsquo;une constante sacr\u00e9e.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il n\u2019y a aucun th\u00e9or\u00e8me derri\u00e8re cela. Il existe \u00e9tonnamment peu de preuves indiquant que deux vaut mieux qu\u2019un ou que trois. C\u2019est simplement le chiffre sur lequel tout le monde s\u2019\u00e9tait mis d\u2019accord, \u00e0 le r\u00e9p\u00e9ter jusqu\u2019\u00e0 ce que cette r\u00e9p\u00e9tition fasse autorit\u00e9. C\u2019est la novlangue dans sa forme la plus pure, un mot r\u00e9cit\u00e9 avec un s\u00e9rieux immense par des personnes qui, pour la plupart, ne l\u2019ont jamais remis en question et auraient du mal \u00e0 le d\u00e9fendre si on les y contraignait. Quelle que soit l\u2019opinion que l\u2019on puisse avoir de Warsh : il est peut-\u00eatre le premier pr\u00e9sident depuis une g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 se comporter comme s\u2019il savait que ce chiffre rel\u00e8ve davantage d\u2019une convention que d\u2019un imp\u00e9ratif. C\u2019est soit le d\u00e9but de l\u2019honn\u00eatet\u00e9, soit la fin de l\u2019Anker, et il faudra plus d\u2019une s\u00e9ance pour d\u00e9terminer laquelle de ces deux hypoth\u00e8ses est la bonne.     <\/p>\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\">Pourquoi le silence est plus \u00e9loquent qu&rsquo;une phrase<\/h6>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il vaut la peine de s\u2019arr\u00eater un instant sur ces m\u00e9canismes. Un march\u00e9 \u00e0 qui l\u2019on a promis de l\u2019argent moins cher int\u00e8gre cette promesse dans chaque prix qu\u2019il fixe. On part du principe que cet argent moins cher va arriver ; les valorisations s\u2019\u00e9tirent pour s\u2019y adapter, et ce sont les flux de tr\u00e9sorerie les plus \u00e9loign\u00e9s dans le temps, les plus sp\u00e9culatifs \u2013 ceux qui n\u2019ont de sens que si l\u2019emprunt reste pratiquement gratuit \u2013 qui b\u00e9n\u00e9ficient de la plus forte pouss\u00e9e. Si l\u2019on retire cette promesse, on ne se contente pas de freiner la hausse. On supprime le fondement sur lequel elle reposait. Dans un tel march\u00e9, la vigueur est per\u00e7ue comme une menace, car c\u2019est elle qui r\u00e9duit \u00e0 n\u00e9ant les baisses de taux d\u2019int\u00e9r\u00eat. C\u2019est le sc\u00e9nario que j\u2019ai d\u00e9crit il y a deux semaines et qui se reproduit aujourd\u2019hui : le retour de la gravit\u00e9 sur un march\u00e9 qui s\u2019\u00e9tait habitu\u00e9 \u00e0 l\u2019apesanteur, \u00e0 la diff\u00e9rence pr\u00e8s que, cette fois-ci, il ne s\u2019agissait pas d\u2019une seule s\u00e9ance marqu\u00e9e par des r\u00e9actions nerveuses, d\u00e9clench\u00e9e par des chiffres de l\u2019emploi solides. C\u2019est l\u2019homme dans son fauteuil qui a annonc\u00e9 qu\u2019il ne tiendrait plus la main au march\u00e9.       <\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et c&rsquo;est exactement ce qui s&rsquo;est produit. \u00c0 la cl\u00f4ture de la Bourse ce mercredi-l\u00e0, le S&amp;P 500 avait recul\u00e9 de 1,2 % et le Nasdaq de 1,3 %, tandis que le Dow Jones perdait environ cinq cents points, et les rendements des obligations d&rsquo;\u00c9tat am\u00e9ricaines ont bondi, le march\u00e9 s&rsquo;attendant davantage \u00e0 un resserrement qu&rsquo;\u00e0 un assouplissement. Les pertes les plus lourdes ont touch\u00e9 les titres qui avaient le plus grimp\u00e9 en fl\u00e8che gr\u00e2ce \u00e0 la promesse d\u2019argent bon march\u00e9 : les Microsoft, Meta, Alphabet et Amazon ; ces paris technologiques \u00e0 long terme dont les valorisations d\u00e9pendent le plus du fait que le co\u00fbt de l\u2019emprunt reste pratiquement nul. Tout cela n\u2019\u00e9tait pas une surprise. Un march\u00e9 \u00e0 qui l\u2019on annonce qu\u2019il ne b\u00e9n\u00e9ficiera plus d\u2019argent bon march\u00e9 se rabat sur les \u00e9l\u00e9ments cens\u00e9s le justifier, et ce sont les titres les plus lourds qui chutent en premier. Les robots ont lu un communiqu\u00e9 dans lequel les mots qu\u2019ils attendaient avaient \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9s ; ne trouvant rien \u00e0 quoi se raccrocher, ils ont fait la seule chose qui leur restait \u00e0 faire : vendre.     <\/p>\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\">Les machines qui font la loi<\/h6>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il faut garder \u00e0 l\u2019esprit qui \u00e9tait \u00e0 l\u2019\u00e9coute. Le march\u00e9 moderne n\u2019est en aucun cas, au sens propre du terme, un espace rempli de personnes. Il s\u2019agit d\u2019une population de programmes qui lisent la d\u00e9claration de la Fed au moment m\u00eame o\u00f9 elle est publi\u00e9e, y recherchent les quelques mots dont ils ont appris qu\u2019ils sont importants (\u00ab patient \u00bb, \u00ab accommodant \u00bb, \u00ab d\u00e9pendant des donn\u00e9es \u00bb), et r\u00e9agissent \u00e0 la syntaxe avant m\u00eame qu\u2019un \u00eatre humain n\u2019ait fini de lire la premi\u00e8re phrase. Ce sont les machines, et non les humains, qui animent le march\u00e9 aujourd\u2019hui. Le cours que l\u2019on observe dans les secondes qui suivent une d\u00e9claration de la banque centrale est d\u00e9termin\u00e9 par un code qui r\u00e9agit \u00e0 la grammaire, et non par un jugement qui r\u00e9agit au sens. Pendant des ann\u00e9es, cette machine a dispos\u00e9 d\u2019une source stable d\u2019adjectifs dont elle pouvait se nourrir. Warsh lui a retir\u00e9 ce texte.      <\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un syst\u00e8me con\u00e7u pour fonctionner avec cet adjectif est mal pr\u00e9par\u00e9 lorsque celui-ci dispara\u00eet, et un march\u00e9 qui a confi\u00e9 sa premi\u00e8re r\u00e9action \u00e0 des logiciels optimis\u00e9s pour l\u2019ancien r\u00e9gime continue pendant un certain temps \u00e0 s\u2019orienter vers des outils calibr\u00e9s pour un monde qui n\u2019existe plus. Les robots continuent de donner le ton. On leur a simplement donn\u00e9 une feuille blanche \u00e0 partir de laquelle ils doivent cr\u00e9er quelque chose, et une feuille blanche est la seule chose qu\u2019ils n\u2019ont jamais appris \u00e0 lire.  <\/p>\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\">L&rsquo;autre annonce dont tout le monde ne cessait de parler<\/h6>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La deuxi\u00e8me annonce de la semaine rev\u00eatait un caract\u00e8re tout \u00e0 fait diff\u00e9rent. Le jour m\u00eame o\u00f9 Warsh n\u2019a pratiquement rien dit, les pr\u00e9sidents des \u00c9tats-Unis et de l\u2019Iran ont sign\u00e9 un m\u00e9morandum visant \u00e0 mettre fin \u00e0 une guerre qui avait \u00e9clat\u00e9 fin f\u00e9vrier et \u00e0 rouvrir le d\u00e9troit d\u2019Ormuz, par lequel transite environ un cinqui\u00e8me du p\u00e9trole mondial. Le ton \u00e9tait ici riche et chaleureux : un accord, la fin des combats, la paix d\u2019ici soixante jours. Le cours du p\u00e9trole a r\u00e9agi en cons\u00e9quence \u00e0 cette nouvelle. Le brut du Texas occidental a chut\u00e9 de 4,8 % \u00e0 80,75 dollars, le Brent \u00e0 83,17 dollars \u2013 son plus bas niveau depuis d\u00e9but mars \u2013, et les cours des actions ont progress\u00e9, bien que mod\u00e9r\u00e9ment, avec la prudence d\u2019un march\u00e9 qui a lu les petits caract\u00e8res.    <\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En petits caract\u00e8res, on peut lire : il s&rsquo;agit d&rsquo;un m\u00e9morandum, et non d&rsquo;un accord de paix. Il s\u2019agit d\u2019une d\u00e9claration d\u2019intention, limit\u00e9e \u00e0 60 jours, visant \u00e0 mettre fin aux combats, la question nucl\u00e9aire \u2013 celle qui a en r\u00e9alit\u00e9 d\u00e9clench\u00e9 la guerre \u2013 ayant \u00e9t\u00e9 express\u00e9ment report\u00e9e \u00e0 plus tard. Et le prix du p\u00e9trole brut, malgr\u00e9 sa baisse, reste encore sup\u00e9rieur d\u2019environ quarante pour cent \u00e0 son niveau du d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e. C\u2019est le \u00ab Para\u00eetre \u00bb (l\u2019\u00eatre contre l\u2019apparence) dans son milieu naturel : une d\u00e9claration d\u2019intention d\u00e9guis\u00e9e en fait accompli, un communiqu\u00e9 de presse qui se substitue \u00e0 un accord. Le contraste entre ces deux annonces est la le\u00e7on de la semaine. Le banquier, qui n\u2019a presque rien dit, vous en a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 davantage que les hommes d\u2019\u00c9tat, qui ont beaucoup parl\u00e9, car un d\u00e9troit ne lit pas de communiqu\u00e9s. Comme je l\u2019ai d\u00e9j\u00e0 fait valoir lorsque cette s\u00e9rie s\u2019est pench\u00e9e sur le th\u00e8me de l\u2019\u00e9nergie, l\u2019\u00e9conomie r\u00e9elle constitue la contrainte majeure, et celle-ci ne s\u2019att\u00e9nue pas simplement parce qu\u2019une c\u00e9r\u00e9monie a eu lieu dans une capitale. Le prix du p\u00e9trole d\u00e9pend des barils qui sont transport\u00e9s, et non de la chaleur des propos utilis\u00e9s pour d\u00e9crire l\u2019accord sur leur transport.       <\/p>\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\">Ce qui a baiss\u00e9, c&rsquo;\u00e9tait le papier<\/h6>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et il convient ici de rappeler ce qui a r\u00e9ellement baiss\u00e9 mercredi. Le chiffre affich\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9cran, qui a recul\u00e9 de 4,8 %, ne correspond pas au prix du baril de p\u00e9trole. Il s\u2019agit du prix d\u2019une promesse de livraison : un contrat \u00e0 terme, un titre n\u00e9goci\u00e9 en quantit\u00e9s bien sup\u00e9rieures \u00e0 la quantit\u00e9 physique de p\u00e9trole disponible. La valeur d\u2019un titre peut \u00eatre r\u00e9\u00e9valu\u00e9e en une milliseconde \u00e0 la suite d\u2019un titre de presse. Un baril, non. La r\u00e9ouverture du d\u00e9troit d\u2019Ormuz sur la base d\u2019un m\u00e9morandum sign\u00e9 ne remettra pas \u00e0 flot les p\u00e9troliers bloqu\u00e9s de part et d\u2019autre, ne fera pas baisser l\u2019assurance contre les risques de guerre, qui est pass\u00e9e d\u2019un quart de pour cent de la valeur du navire \u00e0 un taux compris entre trois et huit pour cent \u2013 soit trois \u00e0 huit millions de dollars pour faire passer un seul grand p\u00e9trolier \u2013 et ne fera pas r\u00e9appara\u00eetre comme par magie les capitaines et les assureurs, qui souhaitent d\u2019abord attendre une longue p\u00e9riode de calme avant de consid\u00e9rer \u00e0 nouveau ces eaux comme s\u00fbres. Le bouchon pourrait se r\u00e9sorber d\u2019ici deux semaines. Selon les estimations du secteur maritime, le retour \u00e0 un trafic normal est une question de mois.       <\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Derri\u00e8re ces chiffres se cache une r\u00e9alit\u00e9 plus grave, qui n\u2019est mentionn\u00e9e dans aucun communiqu\u00e9 de presse. Afin de maintenir leurs activit\u00e9s pendant cette interruption de pr\u00e8s de quatre mois, les pays d\u00e9velopp\u00e9s ont \u00e9puis\u00e9 leurs r\u00e9serves d\u2019urgence \u00e0 un rythme sans pr\u00e9c\u00e9dent. Les stocks publics des pays de l\u2019OCDE ont atteint leur niveau le plus bas depuis 1990 et ne devraient plus suffire que pour une cinquantaine de jours d\u2019ici la fin de l\u2019ann\u00e9e, ce qui repr\u00e9sente la plus faible r\u00e9serve depuis 2003, tandis que l\u2019Agence internationale de l\u2019\u00e9nergie a approuv\u00e9 la plus grande lib\u00e9ration coordonn\u00e9e de r\u00e9serves de son histoire. Ces barils ne se remplissent pas d\u2019eux-m\u00eames. Un monde qui a \u00e9puis\u00e9 ses r\u00e9serves jusqu\u2019\u00e0 la derni\u00e8re goutte les reconstitue en se disputant ces m\u00eames barils que tout le monde semble soudainement vouloir, ce qui n\u2019est qu\u2019une fa\u00e7on polie de dire que le prix augmente. Le prix \u00e0 terme a donc chut\u00e9 \u00e0 l\u2019annonce de cette nouvelle et pourrait encore baisser par effet de soulagement, mais le march\u00e9 physique raconte discr\u00e8tement une tout autre histoire. Mes pr\u00e9visions sont impopulaires et, je suppose, difficilement \u00e9vitables.      <\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce soulagement n&rsquo;est qu&rsquo;une illusion, et \u00e0 un moment donn\u00e9, d&rsquo;ici la fin de l&rsquo;automne, la r\u00e9alit\u00e9 la rattrapera. C&rsquo;est le baril qui l&#8217;emportera au final, car on ne peut pas br\u00fbler un contrat \u00e0 terme pour chauffer une maison. <\/p>\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\">Pensez aussi aux autres<\/h6>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Si M. Warsh jouit du luxe d\u2019une \u00e9conomie suffisamment forte pour qu\u2019on la laisse tranquille, ses homologues \u00e0 l\u2019\u00e9tranger se trouvent dans des situations plus singuli\u00e8res, et il vaut la peine de les citer nomm\u00e9ment, car la comparaison ne flatte personne. Les \u00c9tats-Unis affichent un taux d\u2019inflation de 4,2 %, qu\u2019ils importent \u00e0 parts \u00e9gales ce printemps de la r\u00e9gion du Golfe et qu\u2019ils ont eux-m\u00eames imprim\u00e9 il y a des ann\u00e9es : la facture tardive, comme cette chronique l\u2019a d\u00e9j\u00e0 formul\u00e9 auparavant, de l\u2019argent cr\u00e9\u00e9 en situation d\u2019urgence et qui n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 retir\u00e9 de la circulation. Mais elle r\u00e9percute cette inflation sur un march\u00e9 du travail encore suffisamment dynamique pour faire passer une baisse des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat pour une mesure imprudente, ce qui est pr\u00e9cis\u00e9ment la raison pour laquelle M. Warsh peut se permettre de ne rien faire et de qualifier cela de strat\u00e9gie. Pratiquement aucun autre banquier central ne dispose d\u2019une telle marge de man\u0153uvre.   <\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La Banque centrale europ\u00e9enne ne l&rsquo;a certainement pas. Elle a relev\u00e9 ses taux d\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019un quart de point ce mois-ci, dans une \u00e9conomie qui a connu une croissance de 0,1 % au premier trimestre, ce qui, \u00e0 l\u2019arrondi pr\u00e8s, correspond \u00e0 une croissance nulle, l\u2019Allemagne, le moteur suppos\u00e9, ayant quant \u00e0 elle atteint 0,3 %. Elle resserre sa politique mon\u00e9taire face \u00e0 une inflation de 3 %, qu\u2019elle n\u2019a pas provoqu\u00e9e elle-m\u00eame, mais qui a \u00e9t\u00e9 import\u00e9e d\u2019outre-mer, sur laquelle elle n\u2019a aucune influence, afin de d\u00e9fendre une monnaie unique qui s\u2019\u00e9tend sur vingt \u00e9conomies tr\u00e8s diff\u00e9rentes. C\u2019est l\u2019exemple type de <a href=\"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/fr\/le-fusible-sous-leconomie-lenergie\/\">la stagflation<\/a>, ce fl\u00e9au des ann\u00e9es 1970 dont tout le monde pensait qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9 \u00e9radiqu\u00e9. Les prix augmentent pour des raisons sur lesquelles la politique mon\u00e9taire n\u2019a aucune emprise ; l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique stagne pour des raisons que la politique mon\u00e9taire ne fera qu\u2019aggraver. Comme je l\u2019ai d\u00e9j\u00e0 dit, il n\u2019y a pas grand-chose \u00e0 voir ici.     <\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La Banque nationale suisse est unique en son genre, et je le dis avec une sinc\u00e8re admiration. Elle est pratiquement l\u2019un des fonds d\u2019investissement les plus importants et les plus performants au monde, d\u00e9tenant un immense portefeuille d\u2019actions \u00e9trang\u00e8res \u2013 dont un tr\u00e8s grand nombre d\u2019entreprises technologiques am\u00e9ricaines \u2013, financ\u00e9 non pas par des d\u00e9p\u00f4ts ou des imp\u00f4ts, mais par des francs qu\u2019elle imprime elle-m\u00eame afin d\u2019emp\u00eacher une hausse trop forte de sa monnaie. Aucun gestionnaire de fortune priv\u00e9 au monde ne b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019une telle configuration : un investisseur qui cr\u00e9e lui-m\u00eame l\u2019argent avec lequel il investit et dont les achats contribuent \u00e0 soutenir pr\u00e9cis\u00e9ment les actifs qu\u2019il d\u00e9tient. Cela a fonctionn\u00e9 \u00e0 merveille pendant des ann\u00e9es. On constate simplement, sans vouloir de mal aux Suisses, qu\u2019il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019une d\u00e9finition inhabituelle d\u2019une banque centrale et que ce sont pr\u00e9cis\u00e9ment ces r\u00e8gles, qui fonctionnent \u00e0 merveille depuis des ann\u00e9es, que personne ne soumet \u00e0 un test de r\u00e9sistance, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019ann\u00e9e o\u00f9 elles cessent de fonctionner.    <\/p>\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\">Merci, l&rsquo;Allemagne<\/h6>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le cas le plus r\u00e9v\u00e9lateur est celui de la Banque d\u2019Angleterre, car le Royaume-Uni est p\u00e9nalis\u00e9 d\u2019une mani\u00e8re qui, d\u2019un point de vue purement chiffr\u00e9, n\u2019a gu\u00e8re de sens. Le rendement des obligations d\u2019\u00c9tat britanniques \u00e0 dix ans s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 environ 4,35 %. Le rendement des obligations fran\u00e7aises comparables s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 environ 3,88 %. Le march\u00e9 exige donc pr\u00e8s d\u2019un demi-point de pourcentage de plus pour pr\u00eater de l\u2019argent au Royaume-Uni qu\u2019\u00e0 la France. Examinons maintenant les deux emprunteurs. La France affiche une dette publique de pr\u00e8s de 116 % du produit int\u00e9rieur brut, contre 103 % au Royaume-Uni ; elle n\u2019est pas parvenue depuis des mois \u00e0 adopter un budget en bonne et due forme et serait qualifi\u00e9e, dans presque toutes les autres devises, d\u2019\u00ab insolvabilit\u00e9 au ralenti \u00bb. Les deux d\u00e9ficits budg\u00e9taires ne diff\u00e8rent que tr\u00e8s l\u00e9g\u00e8rement. Selon la plupart des indicateurs cl\u00e9s de la situation budg\u00e9taire, la France est l\u2019emprunteur le plus fragile. Et pourtant, la France emprunte \u00e0 des conditions plus avantageuses. Pourquoi ?         <\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La r\u00e9ponse est : l&rsquo;euro, ce qui revient en fin de compte \u00e0 dire que la r\u00e9ponse, c&rsquo;est l&rsquo;Allemagne. La France ne contracte pas d\u2019emprunts en son nom propre. Elle emprunte de l\u2019argent au sein d\u2019une union mon\u00e9taire garantie par la cr\u00e9dibilit\u00e9 de l\u2019Allemagne et soutenue par une banque centrale qui a d\u00e9montr\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises qu\u2019elle pr\u00e9f\u00e9rait racheter les obligations de ses membres les plus fragiles plut\u00f4t que de laisser le projet \u00e9chouer. Une obligation fran\u00e7aise est donc \u00e9valu\u00e9e comme si un pays plus disciplin\u00e9 se tenait discr\u00e8tement en arri\u00e8re-plan, car c\u2019est exactement le cas. Le Royaume-Uni ne b\u00e9n\u00e9ficie pas d\u2019une telle protection. Elle contracte des emprunts dans sa propre monnaie, en son nom propre, est jug\u00e9e en fonction de ses propres performances, et le march\u00e9 se montre bien moins indulgent envers un pays qui ne peut se cacher derri\u00e8re un plus grand. On peut en tirer une le\u00e7on qui ne plaira peut-\u00eatre pas aux Britanniques.      <\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La souverainet\u00e9 mon\u00e9taire est une merveilleuse libert\u00e9 jusqu&rsquo;au moment o\u00f9 le march\u00e9 obligataire d\u00e9cide de s&rsquo;en servir contre vous ; et une place au sein de la monnaie d&rsquo;un autre pays, aussi humiliante soit-elle, s&rsquo;accompagne d&rsquo;une garantie allemande que les march\u00e9s int\u00e8grent dans leurs cours, m\u00eame s&rsquo;ils ne le disent pas ouvertement.<\/p>\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\">Ce qu&rsquo;il faut observer et comment<\/h6>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;attitude la plus honn\u00eate \u00e0 adopter pour les mois \u00e0 venir est celle dont Warsh a donn\u00e9 l&rsquo;exemple, peut-\u00eatre sans le vouloir. Parler moins et observer ce qui ne s\u2019exprime pas. Observer si ces soixante jours permettront de surmonter la \u00ab question nucl\u00e9aire \u00bb et si le prix du p\u00e9trole brut se stabilise ou s\u2019il ne fait que marquer une pause dans sa tendance \u00e0 la hausse. Observer si l\u2019inflation am\u00e9ricaine s\u2019att\u00e9nue ou si les groupes de travail annoncent une hausse que personne n\u2019est autoris\u00e9 \u00e0 anticiper. Observez si les co\u00fbts de financement de la France restent index\u00e9s sur ceux de l\u2019Allemagne, car le jour o\u00f9 ce lien se rompra sera celui o\u00f9 l\u2019arithm\u00e9tique r\u00e9elle de l\u2019euro fera son retour. Et observez, plus largement en Europe, s\u2019il y a le moindre signe de surprise positive, car jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, il n\u2019y en a eu aucune.     <\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les flux de tr\u00e9sorerie ne publient pas de communiqu\u00e9s de presse. Un d\u00e9troit se moque bien de ce qui a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9 dans telle ou telle capitale. L\u2019inflation reste indiff\u00e9rente \u00e0 un objectif invent\u00e9 \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision par un homme politique n\u00e9o-z\u00e9landais. Les machines continueront \u00e0 dicter leur loi, mais elles le font \u00e0 partir de mots, et cette semaine, l\u2019offre de mots fiables \u00e0 la source a consid\u00e9rablement diminu\u00e9, tandis que celle de mots peu fiables a bondi. Lorsque le discours s\u2019\u00e9teint, il ne reste plus que les math\u00e9matiques, qui sont finalement la seule chose, sur la plan\u00e8te de la finance, \u00e0 avoir jamais dit la v\u00e9rit\u00e9.    <\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Eric Lefebvre<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 lire \u00e9galement : <a href=\"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/fr\/planet-finanz-la-salle-des-machines\/\">Planet Finanz : La salle des machines<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lorsque Kevin Warsh a mis fin mercredi \u00e0 la \u00ab forward guidance \u00bb de la Fed, il n\u2019a pratiquement rien dit, mais son geste a eu plus d\u2019impact que n\u2019importe [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":29301,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"inline_featured_image":false,"_price":"","_stock":"","_tribe_ticket_header":"","_tribe_default_ticket_provider":"","_tribe_ticket_capacity":"0","_ticket_start_date":"","_ticket_end_date":"","_tribe_ticket_show_description":"","_tribe_ticket_show_not_going":false,"_tribe_ticket_use_global_stock":"","_tribe_ticket_global_stock_level":"","_global_stock_mode":"","_global_stock_cap":"","_tribe_rsvp_for_event":"","_tribe_ticket_going_count":"","_tribe_ticket_not_going_count":"","_tribe_tickets_list":"[]","_tribe_ticket_has_attendee_info_fields":false,"footnotes":""},"categories":[9546,12145,9547],"tags":[12493,13159,13162,13157,11002,13160,9885,11990,5580,10993,11005,13163,13142,13161,13155,13156,13158],"class_list":["post-29288","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actualites","category-colonnes","category-generalites","tag-allemagne","tag-annonce","tag-banque-centrale","tag-debut","tag-detroit-dormuz","tag-discours","tag-droit","tag-france","tag-machines","tag-observer","tag-papier","tag-se-taire","tag-semaine","tag-studio-de-television","ownarticle"],"acf":[],"cc_featured_image_caption":{"caption_text":"Un responsable de banque centrale apprend \u00e0 composer avec l'inflation, ce taux de 2 % issu d'un studio de t\u00e9l\u00e9vision, et les relations de plus en plus \u00e9tranges que la Fed entretient \u00e0 l'\u00e9tranger","source_text":"","source_url":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29288","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=29288"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29288\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":29299,"href":"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/29288\/revisions\/29299"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/29301"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=29288"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=29288"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=29288"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}