{"id":30060,"date":"2026-07-28T04:00:00","date_gmt":"2026-07-28T02:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/?p=30060"},"modified":"2026-07-27T16:53:04","modified_gmt":"2026-07-27T14:53:04","slug":"le-plancher-pas-le-plafond-e-lefebvre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/fr\/le-plancher-pas-le-plafond-e-lefebvre\/","title":{"rendered":"Le plancher, pas le plafond"},"content":{"rendered":"<div class=\"ccfic\"><span class=\"ccfic-text\">Que se passe-t-il lorsqu'un march\u00e9 qui a financ\u00e9 l'avenir pendant deux ans se voit pr\u00e9senter la facture ?<\/span><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Le co\u00fbt d&#8217;emprunt am\u00e9ricain \u00e0 trente ans a atteint son plus haut niveau depuis 2007, la France a pay\u00e9 4 % pour la premi\u00e8re fois depuis la derni\u00e8re crise, un trimestre record chez Google a \u00e9t\u00e9 minimis\u00e9 au regard de l&rsquo;ampleur de ses ambitions, le prix du p\u00e9trole a de nouveau franchi la barre des cent dollars, et le march\u00e9, se pr\u00e9lassant dans la faiblesse des volumes estivaux, a refus\u00e9 d&rsquo;en tenir compte.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tous les regards du march\u00e9 sont riv\u00e9s sur le plafond. Le S&amp;P va-t-il atteindre un nouveau record ? Ce grand indice se situe-t-il d\u2019un cheveu au-dessus de son plus haut ou d\u2019un cheveu en dessous ? La f\u00eate peut-elle durer encore une nuit ? Ce n\u2019est pas l\u00e0 qu\u2019il faut chercher. L\u2019\u00e9v\u00e9nement marquant de la semaine, et je dirais m\u00eame de l\u2019\u00e9t\u00e9, ne s\u2019est pas produit au plafond, mais au sol, dans les fondations de b\u00e9ton sur lesquelles reposent tous les autres cours du monde. Il y a deux semaines, dans cette chronique, j\u2019ai qualifi\u00e9 les rendements des obligations d\u2019\u00c9tat japonaises de \u00ab punaise silencieuse \u00bb sous-jacente \u00e0 tout le reste. La semaine derni\u00e8re, cette punaise a fait trembler le reste du tableau. Le co\u00fbt de l\u2019argent, qui, sur la \u00ab plan\u00e8te Finance \u00bb, joue le r\u00f4le de la force de gravit\u00e9, a augment\u00e9 presque partout simultan\u00e9ment, et des fondations qui bougent constituent un probl\u00e8me bien plus grave qu\u2019un lustre qui se balance. La foule, cependant, est \u00e0 la plage et a d\u00e9cid\u00e9 que le bruit provenant du sous-sol \u00e9tait le probl\u00e8me de quelqu\u2019un d\u2019autre.       <\/p>\n\n\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\">Le sol bouge<\/h6>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Consid\u00e9rez ce qu\u2019a fait la semaine derni\u00e8re la partie la plus rationnelle du march\u00e9, celle qui ne se laisse pas influencer par les m\u00e8mes ou les espoirs. Le rendement des obligations du Tr\u00e9sor am\u00e9ricain \u00e0 trente ans, le chiffre le plus important de la finance mondiale puisqu\u2019il sert de r\u00e9f\u00e9rence pour \u00e9valuer presque tout le reste, a d\u00e9pass\u00e9 les 5 % pour atteindre son plus haut niveau depuis 2007, \u00e0 la veille de la derni\u00e8re grande crise. La France, pour la premi\u00e8re fois depuis 2009, a d\u00fb payer 4 % pour s\u2019endetter \u00e0 dix ans, un plus haut depuis dix-sept ans pour un membre fondateur de la zone euro. La dette britannique \u00e0 trente ans s\u2019est rapproch\u00e9e des 6 %, les investisseurs ayant pris peur face aux penchants d\u00e9pensiers du nouveau gouvernement du pays ; le co\u00fbt d\u2019emprunt de l\u2019Allemagne a atteint des niveaux qui n\u2019avaient plus \u00e9t\u00e9 observ\u00e9s depuis 2011 ; et le Japon, o\u00f9 cette histoire a commenc\u00e9, se maintient \u00e0 des niveaux qu\u2019il n\u2019avait plus atteints depuis les ann\u00e9es 1990. Il ne s\u2019agissait pas d\u2019un seul pays en difficult\u00e9. C\u2019est l\u2019ensemble du monde d\u00e9velopp\u00e9 qui a revu \u00e0 la hausse le co\u00fbt de l\u2019argent public au cours de ces m\u00eames quelques s\u00e9ances, ce qui constitue un ph\u00e9nom\u00e8ne diff\u00e9rent et d\u2019une ampleur bien plus grande.     <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les raisons ne sont pas myst\u00e9rieuses, et elles ne sont pas pr\u00e8s de dispara\u00eetre. Les gouvernements empruntent \u00e0 une \u00e9chelle sans pr\u00e9c\u00e9dent en temps de paix ; le d\u00e9ficit am\u00e9ricain \u00e0 lui seul avoisine les deux mille milliards de dollars par an, tandis que partout on promet davantage et que la discipline est plus faible que jamais. L\u2019inflation, aliment\u00e9e par le p\u00e9trole \u2013 j\u2019y reviendrai dans un instant \u2013, est tenace et recommence m\u00eame \u00e0 augmenter par endroits ; ainsi, les banques centrales qui ont pass\u00e9 une d\u00e9cennie \u00e0 acheter ces obligations ont non seulement cess\u00e9 leurs achats, mais envisagent d\u00e9sormais de relever leurs taux. Si l\u2019on va \u00e0 l\u2019essentiel, on se retrouve face \u00e0 un march\u00e9 o\u00f9 l\u2019offre de nouvelle dette explose et o\u00f9 l\u2019acheteur le plus important et le plus fiable s\u2019est discr\u00e8tement retir\u00e9. Lorsque l\u2019offre augmente brusquement et que l\u2019acheteur de dernier recours se retire, le prix baisse jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019un nouvel acheteur soit tent\u00e9, et la baisse du prix d\u2019une obligation n\u2019est qu\u2019une autre fa\u00e7on de dire que le rendement, c\u2019est-\u00e0-dire le co\u00fbt de l\u2019argent, augmente. C\u2019est le m\u00e9canisme qui est actuellement \u00e0 l\u2019\u0153uvre, et il sous-tend tout.     <\/p>\n\n\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\">S&rsquo;agit-il d&rsquo;un crash ? Une r\u00e9ponse prudente <\/h6>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On m\u2019a demand\u00e9, en substance, s\u2019il s\u2019agissait l\u00e0 du d\u00e9but d\u2019un krach obligataire, et comme cette question m\u00e9rite une r\u00e9ponse honn\u00eate plut\u00f4t qu\u2019une r\u00e9ponse dramatique, la voici. Quant \u00e0 l\u2019orientation et \u00e0 la gravit\u00e9 du ph\u00e9nom\u00e8ne, je pense que cette inqui\u00e9tude est tout \u00e0 fait justifi\u00e9e, et qu\u2019il s\u2019agit du risque le plus sous-estim\u00e9 au monde cet \u00e9t\u00e9, pr\u00e9cis\u00e9ment parce qu\u2019il est peu spectaculaire \u00e0 observer. Mais je modifierais l\u00e9g\u00e8rement le terme utilis\u00e9. Les march\u00e9s des obligations d\u2019\u00c9tat ne s\u2019effondrent g\u00e9n\u00e9ralement pas comme le font les march\u00e9s boursiers, en un seul apr\u00e8s-midi, de mani\u00e8re vertigineuse. Ils se vident lentement. Ils baissent progressivement pendant des mois tandis que tout le monde s\u2019obstine \u00e0 dire que le niveau est d\u00e9sormais assur\u00e9ment attractif, puis, de temps \u00e0 autre, ils s\u2019effondrent d\u2019un seul coup, non pas parce que le sentiment des investisseurs bascule, mais parce que, quelque part, une montagne d\u2019argent emprunt\u00e9, constitu\u00e9e sur la base d\u2019anciens rendements plus bas, ne peut plus faire face \u00e0 ses appels de marge et est contrainte de vendre sur un march\u00e9 en baisse. C\u2019est ce qui est arriv\u00e9 aux fonds de retraite britanniques \u00e0 l\u2019automne 2022, lorsque la Banque d\u2019Angleterre a d\u00fb intervenir d\u2019urgence pour mettre fin \u00e0 un cercle vicieux ; c\u2019est ce qui s\u2019est produit lors du \u00ab massacre obligataire \u00bb de 1994, qui a conduit \u00e0 la faillite d\u2019un comt\u00e9 californien et a terni plusieurs r\u00e9putations. Le tableau r\u00e9aliste n\u2019est donc pas celui d\u2019un krach au sens hollywoodien du terme, mais celui d\u2019une lente inondation avec un risque r\u00e9el de rupture de canalisation. Et il y a une deuxi\u00e8me facette \u00e0 cette r\u00e9alit\u00e9, celle qui m\u2019emp\u00eache d\u2019envisager une apocalypse totale : ces \u00e9pisodes se terminent g\u00e9n\u00e9ralement non pas par un effondrement, mais par une capitulation, la banque centrale revenant en tant qu\u2019acheteuse, plafonnant les rendements, recourant \u00e0 nouveau \u00e0 la cr\u00e9ation mon\u00e9taire, pr\u00e9f\u00e9rant l\u2019inflation \u00e0 la rupture. C\u2019est le cul-de-sac dans lequel le Japon se trouve accul\u00e9, et cela pourrait bien \u00eatre la issue pour tout le monde au final. Autrement dit, vous avez raison de vous inqui\u00e9ter, et vous avez raison de penser que c\u2019est bien de cela qu\u2019il s\u2019agit, mais le danger r\u00e9side dans une fuite et un accident, et non dans une explosion, et la r\u00e9solution la plus probable est une d\u00e9pr\u00e9ciation discr\u00e8te de la monnaie plut\u00f4t qu\u2019un effondrement spectaculaire.          <\/p>\n\n\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\">La facture des machines<\/h6>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Face \u00e0 cette hausse du co\u00fbt de l&rsquo;argent, observez ce qu&rsquo;a fait cette semaine le segment le plus en vue du march\u00e9, car les deux facettes de cette histoire ne font qu&rsquo;une. Alphabet, la soci\u00e9t\u00e9 m\u00e8re de Google, a annonc\u00e9 un trimestre v\u00e9ritablement record : un chiffre d\u2019affaires de pr\u00e8s de cent vingt milliards de dollars, en hausse de pr\u00e8s d\u2019un quart par rapport \u00e0 l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente, d\u00e9passant largement les pr\u00e9visions. L\u2019action a chut\u00e9 d\u2019environ sept pour cent. Le motif invoqu\u00e9 \u00e9tait que l\u2019entreprise avait une nouvelle fois revu \u00e0 la hausse ses d\u00e9penses pr\u00e9vues en infrastructures d\u2019intelligence artificielle, pour atteindre pr\u00e8s de deux cents milliards de dollars pour cette seule ann\u00e9e. Et derri\u00e8re ce titre se cachait un d\u00e9tail qui m\u00e9rite qu\u2019on s\u2019y attarde, car il constitue un petit monument de notre \u00e9poque. Le b\u00e9n\u00e9fice annonc\u00e9 avait bondi de pr\u00e8s de trois cents pour cent, un chiffre \u00e0 couper le souffle\u2026 jusqu\u2019\u00e0 ce que l\u2019on lise la note expliquant que la majeure partie de cette hausse provenait de plus-values comptables sur les participations de l\u2019entreprise dans deux soci\u00e9t\u00e9s priv\u00e9es tr\u00e8s en vue, Anthropic et, comble de l\u2019ironie, SpaceX, cette m\u00eame entreprise de fus\u00e9es dont j\u2019ai \u00e9crit la semaine derni\u00e8re qu\u2019elle venait de perdre un billion de dollars et avait refus\u00e9 d\u2019allumer ses moteurs. Si l\u2019on exclut ces plus-values, le b\u00e9n\u00e9fice d\u2019exploitation r\u00e9el \u00e9tait l\u00e9g\u00e8rement en de\u00e7\u00e0 des attentes. Un record flatt\u00e9 par la bulle, sanctionn\u00e9 par la facture : toute une \u00e9poque r\u00e9sum\u00e9e en une seule ligne.       <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tesla a quant \u00e0 elle connu une version bien diff\u00e9rente de cette histoire, avec un recul d\u2019environ 14 % de son cours, alors que son chiffre d\u2019affaires a d\u00e9pass\u00e9 les attentes mais que ses b\u00e9n\u00e9fices ont d\u00e9\u00e7u, que ses marges se sont r\u00e9duites et que son flux de tr\u00e9sorerie disponible est devenu n\u00e9gatif. Au total, pr\u00e8s de 800 milliards de dollars de valeur technologique se sont \u00e9vapor\u00e9s en une seule s\u00e9ance. Et le fil conducteur qui relie tout cela au fond du gouffre est celui qu\u2019aucun communiqu\u00e9 de presse ne vous d\u00e9voilera : le d\u00e9veloppement de l\u2019intelligence artificielle est, au fond, un \u00e9norme emprunt sur l\u2019avenir, des centaines de milliards investis dans le b\u00e9ton et le silicium dans l\u2019espoir que les retours seront au rendez-vous. Ce pari a \u00e9t\u00e9 fait \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 l\u2019argent ne co\u00fbtait presque rien. Il est d\u00e9sormais financ\u00e9, puis refinanc\u00e9, dans un monde o\u00f9 le co\u00fbt de l\u2019argent atteint son plus haut niveau depuis vingt ans. La facture des machines arrive par la m\u00eame poste que la hausse du taux auquel cette facture doit \u00eatre r\u00e9gl\u00e9e. C\u2019est pourquoi les titres sont renvoy\u00e9s \u00e0 l\u2019exp\u00e9diteur : le march\u00e9 commence, timidement, \u00e0 int\u00e9grer les int\u00e9r\u00eats dans ses cours.      <\/p>\n\n\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\">Le prix du p\u00e9trole franchit \u00e0 nouveau la barre des cent<\/h6>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et le facteur qui alimente l\u2019inflation et qui est \u00e0 l\u2019origine de toute cette situation a de nouveau franchi la barre symbolique. Le Brent a une nouvelle fois d\u00e9pass\u00e9 les cent dollars le baril, son cours ayant augment\u00e9 d\u2019environ quarante pour cent depuis le d\u00e9but du mois, tandis que celui du gazole a connu une hausse encore plus importante, alors que les \u00c9tats-Unis ont impos\u00e9 une nouvelle s\u00e9rie de sanctions \u00e0 l\u2019Iran et que le d\u00e9troit d\u2019Ormuz est rest\u00e9 de fait ferm\u00e9. C\u2019est l\u00e0 que la semaine a pris une tournure v\u00e9ritablement plus sombre, et cet \u00e9v\u00e9nement a sa place dans cette chronique car il a des r\u00e9percussions directes sur le co\u00fbt de l\u2019argent. Le pr\u00e9sident am\u00e9ricain a commenc\u00e9 \u00e0 menacer non seulement de nouveaux bombardements, mais aussi de la confiscation des avoirs iraniens, gel\u00e9s depuis plus d\u2019une d\u00e9cennie, afin de les remettre aux alli\u00e9s du Golfe \u00e0 titre de r\u00e9parations, une mesure sans v\u00e9ritable pr\u00e9c\u00e9dent dans l\u2019histoire moderne. La riposte de T\u00e9h\u00e9ran, s\u2019il devait y recourir, ne s\u2019arr\u00eaterait pas \u00e0 Ormuz : les menaces cr\u00e9dibles incluent d\u00e9sormais la fermeture du deuxi\u00e8me grand goulet d\u2019\u00e9tranglement, \u00e0 Bab-el-Mandeb, ce qui obligerait le trafic de conteneurs en provenance d\u2019Asie \u00e0 faire un long d\u00e9tour par l\u2019Afrique, ajoutant ainsi plusieurs semaines de d\u00e9lai et des co\u00fbts suppl\u00e9mentaires au prix de presque tous les produits, voire la coupure des c\u00e2bles sous-marins. Chacune de ces voies m\u00e8ne au m\u00eame carrefour : une hausse des prix ; or, une hausse des prix entra\u00eene une hausse des rendements, et cette hausse des rendements est l\u2019inondation qui envahit le sous-sol.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La r\u00e9action sereine du march\u00e9 repose sur un seul pari, qui a m\u00eame donn\u00e9 lieu \u00e0 un acronyme : TACO, pour d\u00e9signer la conviction que Trump se d\u00e9file toujours, que ses menaces ne sont que de la mise en sc\u00e8ne et qu\u2019il renoncera, au dernier moment, \u00e0 commettre cet acte d\u00e9sastreux. Ce n\u2019est pas un pari insens\u00e9 ; il s\u2019est d\u00e9j\u00e0 av\u00e9r\u00e9 payant par le pass\u00e9. Mais il convient de nommer clairement ce dont il s\u2019agit : un march\u00e9 qui \u00e9value comme quasi certaine la retenue d\u2019une personne sans retenue, avec pour enjeu un cinqui\u00e8me des r\u00e9serves mondiales de p\u00e9trole enferm\u00e9es derri\u00e8re une porte verrouill\u00e9e. Je l\u2019ai d\u00e9j\u00e0 dit et cette semaine ne fait que le confirmer : un march\u00e9 qui int\u00e8gre la certitude d\u2019une guerre en tient g\u00e9n\u00e9ralement compte pour la derni\u00e8re.   <\/p>\n\n\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\">Prendre un bain de soleil pendant que la mar\u00e9e monte<\/h6>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce qui nous ram\u00e8ne au fait le plus \u00e9trange de tous, celui qui est \u00e0 l\u2019origine de toute cette r\u00e9flexion. Face \u00e0 une fluctuation de 40 % du cours du p\u00e9trole et \u00e0 une hausse de 30 points de base du rendement des obligations \u00e0 long terme en l\u2019espace de quelques semaines, le march\u00e9 boursier am\u00e9ricain n\u2019a, pour l\u2019essentiel, pas boug\u00e9. Le S&amp;P 500 se situe \u00e0 environ 1 % en dessous de son niveau d\u2019ouverture du mois ; le Dow Jones est stable ; en apparence, tout est calme. Mais ce calme n\u2019est pas synonyme de conviction, et il convient d\u2019en comprendre la raison, car il est davantage m\u00e9canique que serein. Nous sommes en plein \u00e9t\u00e9, les professionnels sont absents, et les volumes sont suffisamment faibles pour qu\u2019une somme insignifiante puisse faire basculer un indice de quelques pour cent dans un sens ou dans l\u2019autre. C\u2019est dans ce contexte de faible volume qu\u2019intervient un m\u00e9canisme bien connu : un trader qui passe la matin\u00e9e \u00e0 vendre, en s\u2019appuyant sur tous les titres de l\u2019actualit\u00e9 mondiale pour justifier ses choix, constate d\u00e8s l\u2019apr\u00e8s-midi que l\u2019indice a \u00e9t\u00e9 pouss\u00e9 \u00e0 la hausse, que ses pertes s\u2019accumulent et que sa marge s\u2019amenuise en cons\u00e9quence, et se voit contraint de racheter la position m\u00eame qu\u2019il avait raison de d\u00e9tenir. Les achats \u00e0 contrec\u0153ur de ceux qui voulaient vendre ne constituent en rien un vote de confiance. C\u2019est le march\u00e9 qui d\u00e9vore ses propres d\u00e9tracteurs alors qu\u2019il a le ventre vide. La plage, en d\u2019autres termes, n\u2019est pas un gage de s\u00e9curit\u00e9. C\u2019est la preuve d\u2019une salle des march\u00e9s d\u00e9serte.         <\/p>\n\n\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\">Gardez un \u0153il sur le sous-sol<\/h6>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Permettez-moi donc de replacer cette semaine dans son contexte. Le fondement de tous les actifs sur Terre, \u00e0 savoir le co\u00fbt de la monnaie publique, a \u00e9t\u00e9 r\u00e9\u00e9valu\u00e9 \u00e0 la hausse simultan\u00e9ment dans l\u2019ensemble du monde d\u00e9velopp\u00e9, pour atteindre des niveaux qui n\u2019avaient plus \u00e9t\u00e9 observ\u00e9s depuis avant la derni\u00e8re crise. Les plus grandes entreprises de notre \u00e9poque ont \u00e9t\u00e9 vendues non pas parce qu\u2019elles \u00e9taient en difficult\u00e9, mais en raison du co\u00fbt que leurs ambitions entra\u00eenent d\u00e9sormais, un co\u00fbt qui arrive \u00e0 \u00e9ch\u00e9ance pr\u00e9cis\u00e9ment au moment o\u00f9 l\u2019argent devient cher. Le prix du p\u00e9trole a franchi la barre des cent dollars dans le contexte d\u2019une guerre que le march\u00e9 a d\u00e9cid\u00e9 de consid\u00e9rer comme une mise en sc\u00e8ne, financ\u00e9e par une menace sans pr\u00e9c\u00e9dent dans l\u2019histoire moderne. Et l\u2019indice, en p\u00e9riode de vacances et sur des volumes de transactions faibles, n\u2019en a rien remarqu\u00e9, maintenu \u00e0 flot en partie par les rachats forc\u00e9s de ceux-l\u00e0 m\u00eames qui voient ce qui s\u2019annonce. Je ne vous dirai pas le jour o\u00f9 le plancher c\u00e9dera, car le cimeti\u00e8re de ce secteur regorge de personnes qui ont anticip\u00e9 les \u00e9v\u00e9nements et se sont tromp\u00e9es, et j\u2019admets, en toute honn\u00eatet\u00e9, qu\u2019il se peut qu\u2019il ne c\u00e8de pas du tout, que les banques centrales inondent \u00e0 nouveau le march\u00e9 et noient le probl\u00e8me sous de l\u2019argent frais plut\u00f4t que de le laisser s\u2019effondrer. Mais je vais vous dire ceci avec une certaine assurance. Le risque majeur de cet \u00e9t\u00e9 ne r\u00e9side pas dans le plafond que tout le monde observe. Il r\u00e9side dans le plancher que personne, \u00e0 la plage, ne peut voir. La prudence, comme toujours, n\u2019est pas de la peur ; c\u2019est simplement garder un \u0153il sur le sous-sol pendant que l\u2019orchestre joue \u00e0 l\u2019\u00e9tage, et remarquer que l\u2019eau a commenc\u00e9, discr\u00e8tement, \u00e0 monter jusqu\u2019aux chevilles des danseurs.         <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Eric Lefebvre<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Voir \u00e9galement : \u00ab <a href=\"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/fr\/lavenir-refuse-de-sembraser-par-e-lefebvre\/\">L&rsquo;avenir refuse de s&#8217;embraser \u00bb<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le co\u00fbt d&#8217;emprunt am\u00e9ricain \u00e0 trente ans a atteint son plus haut niveau depuis 2007, la France a pay\u00e9 4 % pour la premi\u00e8re fois depuis la derni\u00e8re crise, un [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":29919,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"inline_featured_image":false,"_price":"","_stock":"","_tribe_ticket_header":"","_tribe_default_ticket_provider":"","_tribe_ticket_capacity":"0","_ticket_start_date":"","_ticket_end_date":"","_tribe_ticket_show_description":"","_tribe_ticket_show_not_going":false,"_tribe_ticket_use_global_stock":"","_tribe_ticket_global_stock_level":"","_global_stock_mode":"","_global_stock_cap":"","_tribe_rsvp_for_event":"","_tribe_ticket_going_count":"","_tribe_ticket_not_going_count":"","_tribe_tickets_list":"[]","_tribe_ticket_has_attendee_info_fields":false,"footnotes":""},"categories":[9546,12145,9547],"tags":[13534,14114,14093,14122,14124,3606,14119,14115,14121,10299,13713,14116,14120,14118,14117,12835,14126,14096],"class_list":["post-30060","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actualites","category-colonnes","category-generalites","tag-accident","tag-anthropique","tag-apacex","tag-atteinte-a-la-reputation","tag-cout-du-capital","tag-donald-trump","tag-effondrement-du-marche-obligataire","tag-etage","tag-faillite","tag-interet","tag-japon","tag-limite-superieure","tag-obligations-detat","tag-plus-haut-niveau-depuis-17-ans","tag-prix-du-petrole","tag-retour","tag-sous-sol","tag-taco","ownarticle"],"acf":[],"cc_featured_image_caption":{"caption_text":"Que se passe-t-il lorsqu'un march\u00e9 qui a financ\u00e9 l'avenir pendant deux ans se voit pr\u00e9senter la facture ?","source_text":"","source_url":""},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30060","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=30060"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30060\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":30063,"href":"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/30060\/revisions\/30063"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/29919"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=30060"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=30060"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.thebrokernews.ch\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=30060"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}