Les exigences de formation continue mettent les professionnels de longue date du secteur sous pression : les courtiers plus âgés se sentent dévalorisés par les exigences d’examen et envisagent même parfois de se retirer prématurément de la vie professionnelle.
Un propriétaire retraité d’une société de courtage, qui continue à exercer une activité professionnelle partielle, a récemment reçu une demande de l’Association pour la formation professionnelle en assurance (AFA): il doit passer un examen de formation continue d’ici le mois d’août, faute de quoi il risque de se voir interdire de facto toute activité.
Le vétéran du secteur a réagi avec surprise et a cherché à échanger avec d’autres professionnels de l’assurance expérimentés et d’anciens propriétaires d’entreprise. Les réactions ont été unanimes : De nombreuses personnes concernées se sont senties mises à l’écart.
Après des décennies d’activité et une carrière réussie, ils considèrent l’obligation de contrôle périodique comme inutile et irrespectueuse dans sa forme.
Expérience versus qualification formelle
Les critiques portent surtout sur le fait que les spécialistes exerçant depuis longtemps et titulaires de diplômes de haut niveau ne devraient pas non plus bénéficier d’exceptions. Pour les personnes concernées, la question de la proportionnalité se pose :
Un examen standardisé a-t-il un sens pour des personnes qui travaillent avec succès sur le marché depuis 30 ou 40 ans ?
Plusieurs interlocuteurs affirment que le marché régule de toute façon lui-même la qualité. Ceux qui ne répondent pas aux exigences ou qui fournissent des conseils de mauvaise qualité perdent automatiquement des clients et disparaissent de la concurrence.
L’obligation de formation continue n’est donc pas perçue comme un instrument de qualité, mais comme un obstacle administratif.
Risque de perte de savoir-faire
La situation semble particulièrement délicate en ce qui concerne les changements démographiques. Selon des sources proches du dossier, certains courtiers envisagent déjà de mettre fin prématurément à leur activité plutôt que de se soumettre à un nouveau processus d’examen.
Si cette tendance se généralise, un savoir empirique précieux, en particulier dans un domaine qui repose fortement sur la confiance, les relations avec les clients et la connaissance pratique, pourrait disparaître du marché.
Les obstacles à l’apprentissage chez les personnes âgées
A cela s’ajoute un aspect pratique : de nombreux professionnels âgés doutent de pouvoir même réussir les examens. Non pas en raison d’un manque de compétences professionnelles au quotidien, mais en raison du format d’examen scolaire.
Le défi réside moins dans la pratique du conseil que dans la mémorisation de contenus pédagogiques actuels. La peur d’échouer et de perdre la face au sein de l’entreprise renforce encore la résistance.
Critique des réformes
Dans les discussions, des critiques fondamentales sont également émises à l’encontre des développements réglementaires de ces dernières années. Certains représentants du secteur estiment que les réformes entraîneront surtout des coûts supplémentaires sans apporter d’avantages clairs aux clients, aux assureurs ou aux courtiers.
La question d’éventuelles dérogations pour les professionnels particulièrement expérimentés se pose donc de plus en plus. Une clarification dans ce sens au niveau de la surveillance devrait être décisive, notamment pour l’acceptation de la réglementation au sein de la branche.
Reste ouvert
La question de savoir si et dans quelle mesure il pourrait y avoir à l’avenir des allègements pour les praticiens de longue date est désormais posée à l’autorité de surveillance. La réponse devrait avoir une importance qui va bien au-delà des cas individuels.
Binci Heeb
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