L’illusion du contrôle

Einstein a démontré que le temps et l’espace ne sont pas des grandeurs fixes, mais qu’ils dépendent plutôt du point de vue. Dans le dernier épisode de « Paul the […]


Le temps et l'espace ne sont pas des grandeurs fixes, mais dépendent du point de vue.

Le temps et l'espace ne sont pas des grandeurs fixes, mais dépendent du point de vue.

Le temps et l'espace ne sont pas des grandeurs fixes, mais dépendent du point de vue.

Einstein a démontré que le temps et l’espace ne sont pas des grandeurs fixes, mais qu’ils dépendent plutôt du point de vue. Dans le dernier épisode de « Paul the Insurer », Paul, l’animateur du podcast, applique ce principe au secteur de l’assurance en tirant une conclusion simple, mais dérangeante : la valeur et le risque sont eux aussi relatifs.

Un écran de téléphone portable fissuré est une simple nuisance pour certaines personnes, mais une véritable catastrophe pour d’autres. Une indemnité de 10 000 francs peut être une question de survie pour un parent isolé, tandis que pour un client fortuné, ce même montant ne vaut guère la peine d’être mentionné. C’est précisément là que réside le nœud du problème : les assureurs raisonnent en chiffres, tandis que les clients perçoivent les choses dans leur contexte. Ceux qui se concentrent uniquement sur le résultat financier et ignorent l’importance d’un sinistre pour l’individu peuvent prendre des décisions correctes, mais celles-ci ne sont pas pertinentes.

Les personnes ne sont pas des cellules Excel

L’économie comportementale en constitue le fondement, un aspect que l’épisode n’évoque que brièvement, mais qu’il mérite d’être développé en détail. Les gens surestiment les risques spectaculaires et rares, tels qu’un accident d’avion ou une cyberattaque qui fait la une des journaux, et sous-estiment les risques banals et courants : une canalisation qui éclate, le vol d’un vélo ou un accident de vélo sur le chemin du travail. Elles évitent les franchises, même lorsque celles-ci s’avèrent mathématiquement plus rentables, car une perte est perçue comme plus pénible qu’un gain du même montant n’est perçu comme agréable. Et vous réagissez plus fortement à la formulation d’une offre qu’à son contenu réel. Pour les courtiers et les assureurs, cela signifie que la communication n’est pas un élément secondaire par rapport au produit, mais qu’elle fait partie intégrante de celui-ci.

La confiance, véritable valeur

L’idée la plus forte de cet épisode apparaît vers la fin : une réclamation n’est jamais simplement une demande d’argent. C’est une question : serez-vous là pour moi ? Une décision peut être objectivement correcte tout en étant perçue comme injuste si le processus semble froid, bureaucratique ou impersonnel. La personnalisation n’est donc pas seulement un atout appréciable pour le marketing, mais la conséquence pratique de la relativité des valeurs : quiconque comprend que deux demandes identiques ont un poids totalement différent pour deux personnes différentes ne peut pas les traiter en utilisant des processus identiques.

La physique comme miroir, et non comme modèle

La comparaison avec Einstein est pertinente, mais elle présente une limite que l’épisode lui-même souligne : en physique, la relativité peut être calculée avec précision dès lors que l’on connaît le référentiel. En assurance, la relativité ne fonctionne pas ainsi, car l’empathie ne peut se réduire à une formule, même si la science des données le souhaiterait ardemment. C’est précisément ce qui rend ce métier plus complexe que ne l’admet aucun modèle de tarification. En fin de compte, comme le souligne la phrase de conclusion de l’épisode, l’assurance concerne des personnes, pas des particules. Une phrase que certains algorithmes feraient bien d’afficher derrière leur machine à café.

Binci Heeb

Paul the Insurer propose d’autres contenus susceptibles de vous intéresser, tels qu’une série d’entretiens avec des dirigeants du secteur de l’assurance.

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