Le secteur de l’assurance est souvent considéré comme une activité orientée vers la croissance. Plus de primes, plus de clients, plus de produits. Mais l’expansion ne conduit pas toujours automatiquement à de meilleurs résultats. Parfois, c’est le contraire qui est le plus sage. L’histoire d’un jeune gestionnaire d’assurance d’Amérique latine montre pourquoi la réduction stratégique peut être une condition préalable à un succès durable.
Un jeune homme a pris la direction d’une compagnie d’assurance traditionnelle dans un pays d’Amérique latine. La société était un assureur multibranches classique et proposait presque tous les types d’assurance possibles et imaginables. Elle proposait presque tous les types d’assurance possibles et imaginables : assurance automobile, assurance incendie, assurance vie, polices d’assurance pour les immeubles d’habitation, les installations industrielles ou les employés de grandes entreprises. La gamme de produits était large, tout comme la clientèle.
Son prédécesseur avait poursuivi une stratégie claire : La croissance à tout prix. L’essentiel était que le volume d’affaires soit correct. Cependant, le nouveau directeur général, qui est également un actionnaire important de l’entreprise, n’est pas satisfait des résultats. Les dividendes sont restés modestes, bien que l’entreprise soit active dans de nombreux segments.
La prise de conscience : l’étendue de l’offre conduit rarement à des marges élevées
En visitant d’autres marchés, le jeune directeur savait qu’un assureur devient rarement rentable s’il essaie de tout offrir en même temps. Ceux qui sont présents partout ne parviennent souvent pas à dégager des marges vraiment solides. Au lieu de cela, il y a la menace de coûts élevés, de structures complexes et de risques difficiles à gérer.
Il a donc commencé à analyser systématiquement la société. Il a examiné la situation concurrentielle dans les différentes branches d’activité, le potentiel des différents produits d’assurance, l’évolution économique et politique du pays et la volatilité des activités respectives. L’exposition aux catastrophes naturelles a également joué un rôle, tout comme les capacités organisationnelles de la société elle-même.
Le résultat de cette analyse a conduit à une décision audacieuse.
Le retrait stratégique de nombreuses divisions
Le nouveau directeur général a décidé de se retirer progressivement de presque tous les domaines d’activité et de se concentrer sur la division qui offrait les meilleures perspectives à long terme et qui pouvait être développée le plus efficacement possible avec les gestionnaires existants.
Dans la pratique, cette décision s’est traduite dans un premier temps par une réduction de la taille de l’entreprise. Des volumes de primes ont été perdus, des secteurs d’activité ont été réduits ou abandonnés. Toutefois, l’accent a été clairement mis sur le renforcement de la division sélectionnée et sur la recherche d’une position de leader sur le marché.
Un long processus avec beaucoup d’intuition
Le changement de stratégie ne pouvait pas être mis en œuvre du jour au lendemain. Deux facteurs exigeaient une approche particulièrement prudente.
Tout d’abord, les actionnaires n’étaient pas prêts à investir des capitaux supplémentaires. L’entreprise a donc dû financer le changement par ses propres moyens.
Deuxièmement, la relation avec les courtiers a joué un rôle décisif. Nombre d’entre eux travaillaient avec l’entreprise depuis des générations. Le jeune directeur ne devait pas compromettre ces relations.
La restructuration a donc duré près de dix ans. Les secteurs d’activité moins rentables ont été réduits progressivement, tandis que la division sélectionnée a été systématiquement élargie.
Le courage de devenir une entreprise plus petite
La voie à suivre exigeait de l’endurance, des nerfs solides et une confiance claire dans l’objectif à long terme. À court terme, la stratégie impliquait de sacrifier le volume. À long terme, cependant, elle a jeté les bases d’un profil de marché nettement plus solide.
L’histoire montre une intuition fondamentale du secteur de l’assurance. La croissance n’est pas une fin en soi. Le facteur décisif n’est pas la taille de l’entreprise, mais la clarté de sa position stratégique et la solidité de ses marges.
Parfois, la voie du succès ne passe pas par l’expansion, mais par une concentration consciente. En d’autres termes, il arrive qu’un assureur doive d’abord devenir plus petit pour vraiment se développer.
Binci Heeb
Paul l’assureur propose d’autres contenus susceptibles de vous intéresser, comme la série d’entretiens avec des dirigeants du secteur de l’assurance.
Lire aussi : La perturbation au lieu de l’entreprise conviviale