Le papillon dans le portefeuille numérique

Une clause réglementaire, une publication virale, un capteur défectueux sur un cargo quelque part dans le Pacifique et soudain, tout un portefeuille se retrouve dans le rouge. Le dernier épisode […]


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Un papillon bat des ailes au Brésil, et quelques semaines plus tard, une tornade se forme au Texas.

Un papillon bat des ailes au Brésil, et quelques semaines plus tard, une tornade se forme au Texas.

Un papillon bat des ailes au Brésil, et quelques semaines plus tard, une tornade se forme au Texas.

Une clause réglementaire, une publication virale, un capteur défectueux sur un cargo quelque part dans le Pacifique et soudain, tout un portefeuille se retrouve dans le rouge. Le dernier épisode de « Paul l’assureur » explore la théorie du chaos et pose une question dérangeante : et si le secteur fonctionnait depuis longtemps au sein d’un système qui ne peut plus être expliqué à l’aide des outils d’hier ?

Ce phénomène est bien connu, généralement sous la forme d’une image tirée des cours de biologie : un papillon bat des ailes au Brésil, et quelques semaines plus tard, une tornade se forme au Texas. Ce qui ressemble à une jolie métaphore est en réalité une description dérangeante du fonctionnement de nombreux risques modernes. Le secteur de l’assurance, lui aussi, a ses propres « papillons » : une modification mineure dans la formulation d’une police d’assurance cyber, une publication sur les réseaux sociaux concernant un sinistre refusé qui devient de manière inattendue virale, un seul capteur défectueux sur un cargo. Pris isolément, ce sont là des détails mineurs. Mais lorsqu’ils se combinent, ils peuvent entraîner des pertes sans précédent dans aucune base de données historique.

Les tendances historiques ne suffisent plus

C’est précisément là que réside le problème pour les modèles actuariels, qui, de par leur nature même, reposent sur la stabilité et la répétabilité. Les risques émergents se comportent différemment : ils sont non linéaires, leurs interconnexions sont imprévisibles et leur dynamique est erratique. Cinq polices d’assurance qui, sur le papier, n’ont aucun rapport entre elles peuvent se fondre du jour au lendemain en un seul risque systémique. Ce qui reste distinct dans un système stable peut soudainement converger dans un système chaotique : une accumulation de risques qui ne peut plus être clairement représentée dans des feuilles de calcul Excel, mais qui doit être repensée sur le plan conceptuel.

L’humilité plutôt que le culte des prévisions

La réponse du secteur à cette situation relève moins d’un nouveau modèle que d’un nouvel état d’esprit : reconnaître les signes avant-coureurs, simuler de manière approfondie les réactions en chaîne et rester capable de s’adapter grâce à des polices modulaires et à une réassurance flexible. Cela semble pragmatique, car cela doit l’être. Personne ne peut empêcher le battement d’ailes du papillon. Mais il est possible de mettre en place des systèmes capables de résister à la tempête qui en résulte, plutôt que d’être anéantis par celle-ci.

C’est peut-être là la véritable leçon que l’on peut tirer de la théorie du chaos pour un secteur qui a tendance à s’appuyer sur les chiffres, les probabilités et les données historiques : toutes les vagues ne peuvent pas être prédites. Ce qui importe, c’est la capacité à réagir avec vigilance et agilité face à ce qui défie toute prédiction.

Binci Heeb

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Tags: #Le fétichisme des prévisions #Papillon #Portefeuille cyber #Stabilité #Théorie du chaos